Interview Agnès Van de Walle – Microsoft : Windows 10 va suivre les entreprises sur 10 ans

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La directrice de la division Windows et Surface de Microsoft France aborde l’adoption de Windows 10 en France et la gamme de terminaux nomades « maison » qui s’élargit (rencontres ROOMn 2016).

Surface 3, Surface Pro 4 et Surface Book…C’est le trio hardware sur lequel Microsoft veut s’appuyer pour faire bouger les lignes de la mobilité en entreprise.

Sur fond d’adoption de Windows 10 en France, Agnès Van de Walle, Directrice de la division Windows et Surface de Microsoft France, a participé aux rencontres ROOMn 2016 de Monaco organisées la semaine dernière.

Nous l’avons rencontré avant la session keynote de clôture animée par ses soins.
(Interview réalisée le 10 mars 2016)

ITespresso.fr : Quel est le niveau d’adoption de Windows 10 en France ? 

Agnès Van de Walle : Dans le monde, nous recensons 250 millions de devices passés sous Windows 10 depuis le lancement de Windows 10 survenu le 29 juillet 2015. Selon StatCounter, le taux d’adoption de Windows 10 en France est de 14%. C’est le process le plus rapide depuis Windows 8 et Windows 7.

Certes, il existe un incentive : la gratuité de Windows 10 pour les versions Home et Pro. L’Insider Programm, lancé un an avant le lancement officiel de Windows 10, a permis également de faire adhérer un maximum de gens au nouvel OS à travers des versions bêta et des technical reviews.

Aujourd’hui, 90% des terminaux Microsoft sous commercialisés sous Windows 10. Au niveau des entreprises, entre 80 et 85% des entreprises ont initié au moins un pilote sous Windows 10.

ITespresso.fr : Dans quelle mesure Windows 10 constitue un changement important pour Windows 10 ?

Agnès Van de Walle : En raison du système d’update permanent, Windows 10 va accompagner les entreprises entre 5 et 10 ans dans leur choix et leurs stratégies. Il n’y a plus besoin de grosses équipes de mastérisation qui travaillaient pendant plusieurs mois à l’avance avec un système finalement assez coûteux associé à l’upgrade.

Aujourd’hui, la réactualisation se fait en toute fluidité. Par contre, il est nécessaire d’établir des règles de sécurité en raison de la flexibilité de l’OS par rapport à la connexion des appareils, à la biométrie pour changer de système traditionnel des mots de passe, à la disséminations des données transmises en entreprise ou aux droits d’accès donné à chaque individu. C’est un changement inéluctable.

On prévoit un rythme d’adoption à deux temps : une accélération de l’adoption en lien avec la fin de la période de gratuité de Windows 10 (avec une échéance fixée au 29 juillet 2016). Tandis que les plus grandes entreprises adopteront Windows 10 à leur propre rythme par département ou par typologie de métiers.

On estime que 50% des entreprises en France seront passées complètement sous Windows 10 à l’horizon fin 2017.

ITespresso.fr : Vous mettez sous pression les entreprises pour passer sous Windows 10. Car vous incitez vivement à l’abandon de Windows 7 ou Windows 8…

Agnès Van de Walle : Ce n’est pas une pression de Microsoft mais du marché en raison de la compétitivité que les entreprises recherchent. Nous voulons prouver qu’il existe un vrai ROI avec cette migration.

Si les entreprises voient clairement les économies à réaliser en termes de solution de gestion des parcs mobile (MDM), de sécurité ou de couches logicielles qui existaient auparavant, elles accepteront d’accélérer pour ce changement.

Il existe encore une grande proportion d’entreprises sous Windows 7 mais cet OS n’est pas adapté à une stratégie de mobilité. C’est pour cette raison que Windows 10 va s’imposer de manière naturelle.

ITespresso.fr : La sortie de Windows 10 s’accompagne d’un renouvellement des terminaux Microsoft estampillés Surface. Comment distinguer les formats hybrides qui émergent ?

Agnès Van de Walle : Cette gamme s’étend désormais sur trois produits : Surface 3, Surface Pro 4 et Surface Book. Au-delà de la question de la taille de l’écran, c’est une question d’usage et de variation de mobilité que l’on souhaite avoir avec chaque appareil.

Le meilleur compromis entre le desktop et le terminal mobile, c’est la Surface Pro 4 avec la puissance de processeurs Intel Core i5 ou Core i7 (architecture Skylake). La Surface 3 se rapproche davantage d’une tablette avec la possibilité de raccrocher un clavier pour gagner en productivité.

A l’opposé, le Surface Book est à assimiler comme un ultrabook avec une couche de mobilité et de puissance. En détachant l’écran, l’utilisateur dispose d’un studio de création portable. Avec ce terminal très performant avec les logiciels de graphisme 3D gourmands en ressource, on vise les designers, architectes ou les équipes R&D. On met l’accent sur le segment « deux-en-un » en forte croissance.

ITespresso.fr : Pourquoi ne constituez-vous pas de bundle entre la gamme Surface et les smartphones sous Windows 10 Mobile ? Sachant que vos outils de productivité (Office 365, Skype…) sont déjà bien ancrés en entreprise…

Agnès Van de Walle : Le plus beau des bundles, c’est Windows 10. En développant une app sous Windows 10, elle est prête pour l’ensemble des devices. On veut associer le meilleur du software, du hardware et des services.

ITespresso.fr : Prenons le cas de Galaxy S7, Samsung offre son casque Gear VR. Pourquoi Microsoft ne distribuerait pas des offres packagées « Surface + smartphone Lumia sous Windows 10 » avec des services pour simplifier la vie des PME ?

Agnès Van de Walle : Je connais bien Samsung au regard de mon parcours professionnel [notre interlocutrice a occupé auparavant les fonctions de Directrice de la division IT chez Samsung Electronics pendant 5 ans].

Chez Microsoft, chaque offre est spécifique pour répondre à toutes les demandes des entreprises. Nous n’avons pas envie de discounter une famille de produits par rapport à une autre. De plus, le renouvellement des parcs PC et mobiles et les cycles d’investissement par lignes de produits interviennent à des rythmes différents dans les entreprises.

On a déjà testé des offres ponctuelles Surface Pro 3 + Lumia il y a deux ans. Ca marche mais juste pour des petites entreprises qui ont des équipements limités et qui cherchent à équiper leurs nouveaux collaborateurs.

ITespresso.fr : Quelles sont vos ambitions avec votre technologie HoloLens à mi-chemin entre l’holographie et la réalité augmentée ?

Agnès Van de Walle : Elle arrive dans quelques mois en France. Nous visons une prochaine révolution : un monde sans écran en y associant la gestion des data. Depuis le 29 février, le SDK HoloLens est commercialisé (3000 dollars). Une pléthore d’entreprises, d’éditeurs et d’organisations sont en train de le tester : constructeurs automobiles, NASA, SAP…

Cette réalité augmentée permet de travailler sur la modélisation des véhicules mais aussi des avions. Les divisions R&D des groupes qui expérimentent HoloLens prenant la main au départ mais, ensuite, tous les développeurs vont s’en emparer.

En France, un grand constructeur dans l’aviation et un autre dans l’automobile s’y sont lancés.


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