Interview Antoine Wattinne – Cegid : 30% de nos clients experts-comptables dans le cloud

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A travers ses solutions, comment Cegid accentue ses liens avec la communauté des experts-comptables ? L’éditeur revendique une position de leadership sur ce segment.

Cegid était comme un poisson dans l’eau au Congrès de l’Ordre des experts-comptables organisé la semaine dernière à Paris.

L’éditeur lyonnais détient le leadership dans les solutions dédiées à ce segment pro.

Fidèle à son angle d’innovation « MoBiClo » (raccourci de « Mobilité, Business Intelligence, Cloud »), il a présenté des nouveautés produits ou fonctionnelles sur sa gamme de solutions existante. Tout comme son principal concurrent Sage.

Entretien avec Antoine Wattinne, Directeur des Marchés, Profession comptable et TPE chez Cegid.

(Interview réalisée le 01/10/15)

ITespresso.fr : Pourquoi le numérique est à l’honneur du Congrès de l’Ordre des experts-comptables cette année ?

Antoine Wattinne : Les experts-comptables ont toujours recherché des solutions de productivité pour le traitement de la comptabilité. Ils sont assez en veille au niveau de la technologie. Les cabinets les plus performants sont ceux en général qui ont le plus investi dans les solutions informatiques.

Le numérique s’accélère : Les experts-comptables cherchent les meilleures solutions pour eux, leurs clients et pour rapprocher les deux (portail collaboratif). Soit ils travaillent directement dans leur cabinet  soit ils travaillent sur les systèmes installés chez leurs clients. En termes de clientèles, on parle à 95% de petites entreprises de moins de 50 personnes.

ITespresso.fr : Comment abordez-vous ce segment de marché ?

Antoine Wattinne : Nous avons quatre grands axes pour développer nos solutions destinées à cette clientèle.
Il faut d’abord développer la productivité interne de la production comptable, notamment à travers l’intégration automatique des factures fournisseurs ou des écritures bancaires par exemple, la dématérialisation entrante et sortante, systèmes experts de révision comptable ou d’élaboration de bulletins de paie avec des systèmes conventionnels.

Deuxième axe : le collaboratif prend de l’importance. Quel type de portail de services pouvons-nous proposer aux cabinets comptables vis-à-vis de leurs clients ? Une relation qui va devenir de plus en plus importante avec l’instauration de la déclaration sociale nominative. Mais cela implique qu’en ouvrant son propre système comptable à ses clients, le cabinet se transforme en  centre hébergeur alors qu’il n’a pas les capacités de l’être. Ne serait-ce que pour des raisons de sécurité.

Il faut donc trouver d’autres modes d’organisation via le cloud. Cegid a ouvert un partenariat dans ce sens avec IBM dans un système sécurisé.

Troisième orientation : Le conseil. La mission de production comptable se banalisant, il faut que les experts-comptables s’orientent vers d’autres missions comme le conseil en gestion (patrimoine, revenus, pilotage d’entreprise…) et les domaines prévisionnels. En tant qu’éditeur, nous les accompagnons en fournissant des conseils complémentaires sur les plans social ou financier (via notre filiale TDA).

Quatrième axe en plein essor : la business intelligence et la big data via le cloud.

ITespresso.fr : Comment avez-vous décliné ses axes de développement en solutions ?

Antoine Wattinne : Cegid a deux gammes majeures. L’offre Quadra Expert s’adresse aux entreprises de plus petites tailles. Tandis que Cegid Expert est davantage configurée comme un ERP à paramétrer dans les grandes entreprises. Il existe des modules communs comme celui dédié au conseil ou de BI.

Nous avons commencé à décliner ses offres dans le cloud en 2011.

Aujourd’hui, 30% de nos clients d’experts-comptables ont basculé dans le cloud. On sera probablement à 60-65% à fin 2017. Le cloud est déjà un axe principal et cette tendance va se renforcer à moyen terme.

ITespresso.fr : Cegid est prêt pour la bascule DSN (elle devient obligatoire à partir de janvier prochain) ?

Antoine Wattinne : Nous sommes complètement prêts. La DSN représente une évolution très profonde de nos logiciels. Nous y avons consacré beaucoup de temps et d’investissement pour adapter nos solutions aux changements légaux.

J’ai peur que les cabinets d’experts-comptables ne soient pas tout à fait prêts car il y a un gros travail interne de mises à jour et de paramétrages des dossiers pour qu’ils soient conformes au nouveau cadre de déclaration.

Il faut qu’ils passent rapidement leurs dossiers en mode DSN le plus rapidement possible et on est prêt à les accompagner dans ce sens.

ITespresso.fr : Cette mise à jour DSN va-t-elle représenter un surcoût pour vos clients ?

Antoine Wattinne : On a intégré cette déclaration légale dans nos contrats de maintenance. Mais on demande en contrepartie un effort de formation pour faciliter le support. Nos entreprises clients doivent suivre un parcours obligatoire de formation pour la mise en place de la DSN.

Sans un socle de base de connaissance de l’outil, nous ne pourrions pas faire face à l’afflux des demandes personnalisées. Pour accéder à notre support, on demande qu’une formation soit effectuée sur nos produits.

Sur le Cegid Store, des Web formations DSN sont proposées dont les tarifs s’échelonnent entre 200 et 1000 euros (HT). Il s’agit de préparer la transformation au sein du cabinet et d’effectuer une prise en main de l’outil.

ITespresso.fr : Disposez-vous d’une certaine visibilité sur les prochaines évolutions règlementaires au-delà de la DSN ?

Antoine Wattinne : Le prochain chantier sur lequel on est en veille, c’est la retenue à la source pour la paie. On est un près sûr que c’est inéluctable : ce projet sera mis en place à terme en France.

Comment Cegid perçoit le marché des experts-comptables ?
Cegid évalue à une fourchette 10 000 – 12 000 le nombre de cabinets experts-comptables en France (avec 1,5 voire 2 experts-comptables par entité).

A côté, il existe une proportion de 2000 à 3000 professionnels en solo. Et une centaine de cabinets qui disposent de plus de 100 collaborateurs. Sachant que l’on observe un phénomène important de regroupements et de fusions aujourd’hui.

« Le cabinet moyen en France, c’est 7 ou 8 collaborateur pour vous donner une idée du marché », estime Antoine Wattinne.

Cegid affirme disposer d’une part de marché située entre 50 et 60% sur les solutions majeures de production comptable de cabinets. L’éditeur revendique une fourchette de 6000 à 7000 centres de décisions experts-comptables clients.


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