Interview Delphine Asseraf – Allianz : “Un assureur est légitime à tirer de la valeur des objets connectés”

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Internet des objets, Pay how you drive, mobilité…Delphine Asseraf, Directrice digital d’Allianz France, aborde tous ces sujets.

Boîtier qui évalue votre comportement au volant, détecteur de fumée connecté à la maison…

Allianz veut mettre des objets connectés partout. Une façon pour l’assureur de renforcer son rôle de prévention et de personnaliser ses services. Explications de sa directrice digital.

En un an, Allianz France a multiplié les annonces autour des objets connectés. L’assureur a tout d’abord commencé par donner des cours de conduite avec TomTom puis s’est associé à Nest pour offrir un détecteur de fumée à ses nouveaux clients. Enfin, plus récemment, il déclinait son application mobile pour l’Apple Watch.

Une frénésie autour des objets connectés qui rappelle celle menée par son concurrent Axa. Les deux géants de l’assurance en France se collent d’ailleurs à la culotte avec des communiqués publiés parfois à quelques jours d’intervalle. Mais, dans cette course contre la montre, la compagnie d’origine allemande cultive sa différence.

Alors que le coach de conduite d’Axa repose sur une appli mobile (Axa Drive Coach) Allianz associe appli et boîtier. De même, Allianz va se lancer dans le « pay how you drive » – la prime du contrat auto varie en fonction du comportement au volant – mais uniquement à la baisse alors que le produit que vient de lancer Direct Assurance (filiale d’Axa) prévoit aussi une majoration en cas de mauvaise conduite.

Décryptages de Delphine Asseraf, Directrice digital d’Allianz France.

ITespresso.fr : Pourquoi un assureur s’intéresse aux objets connectés ?

Delphine Asseraf : Au-delà du phénomène de mode, nous pensons qu’il y a une véritable légitimité pour un assureur d’en tirer de la valeur ajoutée. En connaissant plus finement et plus régulièrement les usages de nos assurés, nous pouvons agir dans le domaine de la prévention.

Le dispositif « Allianz conduite connectée » ne requiert aucune installation complexe et aucune interaction pendant la conduite par exemple. C’est un partenaire de conduite qui vous protège en observant votre comportement sur la route sur la base d’indicateurs simples et efficaces que sont l’accélération, le freinage, la tenue de route dans les virages.

A partir de là, le système vous donne des conseils pour rendre la route plus sûre. Avec des défis pour s’améliorer. C’est une sorte de bracelet connecté de la voiture qui, sur le principe du « quantified self », pose un constat objectif et livre des pistes de progression.

Le dispositif ne repose pas uniquement sur une application mobile mais sur un boîtier qui a fait ses preuves – celui de TomTom. Un boîtier qui se branche directement sur le port diagnostic du véhicule.

Conduite connectéeITespresso.fr : Allez-vous proposer le « pay how you drive » ?

Delphine Asseraf : Oui, nous allons le proposer dès cette année, toujours avec TomTom. Les assurés qui ont un comportement vertueux au volant se verront appliquer une réduction de leur prime. A la différence d’autres acteurs du marché, nous ne discriminerons pas les conducteurs qui auront de mauvais scores. Nous sommes avant tout dans la prévention.

Dans le même esprit, Allianz a offert un détecteur de fumée Nest aux clients souscrivant un contrat d’assurance habitation.

Pour Allianz France, il s’agit aussi de mettre du sens à ces innovations et c’est le deuxième axe de notre stratégie : l’assistance. Le boîtier TomTom comprend un appel d’urgence qui en cas de choc contacte le conducteur puis, en l’absence de réponse, les services d’urgence.

Nous prenons les devants de l’eCall qui sera obligatoire pour les véhicules neufs à partir du 31 mars 2018, tout en pouvant équiper le parc de voitures existant.

ITespresso.fr : Quel est l’apport des mobiles dans cette stratégie ?

Delphine Asseraf : Les objets connectés permettent de rendre l’assurance plus personnalisée, plus en phase avec les usages de nos clients.

Notre application sur l’Apple Watch permet, par exemple, de trouver un de nos partenaires santé et de s’y rendre en prenant le meilleur itinéraire. Cela peut se faire en situation de mobilité sans avoir un smartphone en main.

Enfin, notre stratégie porte sur le renforcement de la relation-client. Avec notre application mobile, nous pouvons faire de la pédagogie au quotidien en livrant des conseils via des notifications. Cette appli mobile s’enrichit de nouvelles fonctionnalités tous les trimestres.

Les services permettent de tisser une relation durable avec son assureur sans que les contacts ne se limitent aux moments des sinistres qui fort heureusement n’ont pas lieu tous les jours, même si Mon Allianz Mobile permet de déclarer un sinistre de A à Z en prenant des photos.

ITespresso.fr : Comment Allianz s’intègre dans l’écosystème de l’innovation ?

Delphine Asseraf : Allianz France a noué des partenariats avec des acteurs de l’économie collaborative. Pour Drivy qui fait de la location entre particuliers, Allianz France se substitue à l’assureur habituel du propriétaire le temps de la location. Nous proposons aussi aux chauffeurs professionnels d’Uber une offre auto qui répond aux besoins spécifiques des VTC.

Allianz a aussi récemment ouvert sa première promotion de start-up au sein de son accélérateur à Nice : des jeunes pousses prometteuses dans les domaines du big data, des objets connectés, du stade connecté et des FinTech. Elles bénéficieront d’un accompagnement personnalisé par un réseau d’experts et de mentors, internes et externes.

Pour Allianz, cet écosystème est un autre moyen d’appréhender les nouveaux usages. Nous ne nous interdisons pas de co-construire des offres avec des start-up et de les développer en France et à l’international.

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