iPIN : le paiement en ligne sans carte à puce

Mobilité

Après 8 mois de commercialisation d’iPIN, une solution de paiement sur Internet, Marc Kawam, co-fondateur et vice président Europe d’iPIN, fait le point. Si le business plan tablait sur un développement assez rapide de sa solution, tant auprès des sites marchands que des internautes inscrits, le résultat aujourd’hui est tout autre. L’objectif premier de la société reste l’acquisition de partenariats avec des “telcos”, des banques, des opérateurs mobiles et des marchands et non de dégager un quelconque bénéfice. Reste que ces partenariats, selon l’aveu même de Marc Kawam, sont difficiles à mettre en place.

VNUnet : iPIN propose une solution de paiement en ligne, quelle est sa spécificité ?

Marc Kawam :

iPIN permet à l’internaute d’acheter sur des sites Internet sans avoir à communiquer son numéro de carte bancaire. Le principe en est simple. iPIN reporte le montant des achats en ligne effectués sur la facture mensuelle que le fournisseur d’accès adresse à l’abonné. Au préalable, l’internaute s’est enregistré sur le site d’iPIN, pour s’ouvrir un compte. Désormais, il n’y a plus de formulaires à remplir lors de l’achat, seul est à rappeler son numéro de compte iPIN. De ce fait, ni le site marchand, ni même le site d’iPIN, n’ont connaissance du numéro de carte bancaire, qui ne circulera plus dès lors sur le réseau.

VNUnet : Où en est aujourd’hui la société ?

Marc Kawam :

Nous venons de procéder à un nouveau tour de table de 23 millions de dollars qui devrait assurer notre développement, même si une grande partie de cette somme sera consacrée au marketing. Au total, nous avons levé 40 millions de dollars. Nous sommes aujourd’hui présents en Angleterre, en Allemagne, aux Pays Bas et en France concernant l’Europe. iPIN devrait être présent en Scandinavie début 2001. La solution de paiement est aussi disponible à San Francisco, Hong Kong et Singapour.

VNUnet : Concrètement, comment évolue la solution iPIN ?

Marc Kawam :20 marchands utilisent en France la solution iPIN dont Le Monde Interactif, les éditions 00h00, NetBeat, FranceMP3.com… Nous prévoyons d’ailleurs de rassembler autour d’iPIN, 200 marchands d’ici fin 2001 (Au moment de sa création, iPIN tablait sur 300 à 500 marchands fin 2001. Des projections qui sont encore disponibles sur le site d’iPIN dans sa revue de presse, ndlr).

Concernant les fournisseurs d’accès, Club Internet a été présent dès le départ et nous assure une large audience auprès de ses abonnés. Nous sommes en outre en partenariat avec Demon, un FAI anglais. En sept mois, nous pouvons dire que nous avons réussi à fédérer environ 20&nbsp000 internautes. De plus, si, au départ, nous nous positionnions comme une solution de micro-paiement, nous avons évolué en donnant aux internautes la possibilité d’effectuer des achats plus importants. Aujourd’hui, nous assurons des paiements allant de 50 centimes à 7 000 francs.

VNUnet : Vous séduisez les investisseurs, mais les résultats sur le terrain ne suivent pas. Comment expliquez-vous cela ?

Marc Kawam :On ne peut pas dire que les résultats ne sont pas là. Il faut laisser le temps au produit de se positionner. Des négociations sont en cours et nous devrons annoncer très prochainement un accord avec un partenaire majeur (Il pourrait s’agir d’un opérateur télécom, ndlr). Nous sommes satisfaits de l’évolution du produit iPIN. La banque Wells Fargo, en participant à cette nouvelle levée de fonds, montre bien que le potentiel d’iPIN est important. En France, les banques se disent elles aussi intéressées par le produit. Internet donne l’image que tout doit aller vite, toutefois les cycles de décisions dans ce domaine sont beaucoup plus long qu’avec des sites marchands.

VNUnet : Les banques elles mêmes proposent des systèmes de paiement. Avez-vous l’impression que tant que l’appui des banques ne sera pas là, iPIN ne pourra se développer ?

Marc Kawam :En aucune façon nous sommes concurrents des banques et des solutions que ces dernières peuvent mettre en place. Une solution comme CyberComm est très franco-française alors que iPIN à un positionnement international et ne nécessite, à la différence de CyberComm, d’aucun lecteur de carte. Un dernier point important qui rend iPIN beaucoup plus facile d’utilisation. Mais c’est vrai que nous avons besoin des banques pour évoluer plus rapidement. Etre partenaires avec ces dernières, c’est pouvoir toucher au travers d’elles leurs clients. Wells Fargo a d’ailleurs décidé de développer iPIN auprès de ses clients américains.

VNUnet : Quel est le devenir de la carte à puce sur Internet ?

Marc Kawam :Mettre en place une solution de paiement sur Internet ne veut pas forcément signifier que toute autre forme de paiement est à bannir.

La carte à puce reste très utile et je n’ai pas de mal à acheter via ma carte sur des sites adossés à de grandes marques comme la Fnac. En revanche, j’aurais beaucoup plus d’appréhension à utiliser ma carte sur des petits sites. Il y a de la place sur Internet pour plusieurs types de solutions de paiements, tout comme on peut voir sur des portes de restaurants l’annonce de différents moyens pour payer son repas. A l’internaute de choisir. De plus, en fonction des pays, la carte à puce ne représente que 10 à 30 % des moyens de paiements. iPIN s’inscrit donc tout naturellement comme une solution complémentaire.

VNUnet : Quelle sera la prochaine évolution d’iPIN ?

Marc Kawam :Nous allons prochainement annoncer que la solution iPIN sera disponible pour fonctionner sur l’ensemble des téléphones Wap présents sur le marché. La solution, qui devrait être disponible dès cet été, a été mise au point en collaboration avec Cap Gemini. En nous positionnant sur ce marché, nous apportons une réponse à une véritable demande. A terme, iPIN a vocation de devenir une solution de paiement quelle que soit la plate-forme utilisée. iPIN s’étendra à tous les périphériques connectés à Internet. Ainsi la solution de paiement pourra très bien être utilisée sur une PlayStation.


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