iPod : le Walkman du troisième millénaire ?

Mobilité

En rupture de stock au Royaume-Uni et aux USA, l’iPod est parti pour être le gadget de cette fin d’année. Promu au même succès que le Walkman de Sony, il est un des premiers objets culte du troisième millénaire.

Le baladeur numérique d’Apple (voir édition du 23 octobre 2001) est annoncé en rupture de stock outre-manche et outre-atlantique. A en croire les journaux du pays de sa gracieuse majesté, même en ligne, il serait quasi introuvable. Info ou intox ? “Le succès de l’iPod est lié inextricablement à la popularité du téléchargement de musique, de la même manière que la révolution Bolchevique avait quelque chose à voir avec le communisme. Au même titre qu’un bon Maoïste ne sortait pas sans son Petit Livre rouge, pour être “dans le coup” en public en 2004, il faut tenir un iPod”. C’est du moins ce qu’explique sérieusement le très britannique Western Mail, pour qui le succès du “Walkman numérique” d’Apple tient autant de la révolution culturelle que d’un véritable culte. “Il s’agit de la chose la plus branchée originaire de Californie depuis les Beach Boys”, souligne de son côté le magazine Stuff, qui précise qu’il ne s’agit pas du gadget à avoir cette année, mais pour les dix prochaines années !

simplifier l’utilisation de la musique numérique

Le succès de l’iPod ne tient pas seulement au lancement de la solution d’achat de musique en ligne d’Apple. Ni même à la campagne de promotion mondiale. Selon AdAge.com, Apple aurait négocié près de 6 000 articles dans les magazines à fort tirage de la planète. La publicité pour l’iPod, où l’on voit des silhouettes noires armées d’un baladeur blanc danser sur fond de couleur, a même fait l’objet de multiples analyses. Une étude de la BBC explique que les musiques qui accompagnent les spots télé, “ne font pas nécessairement partie des meilleures ventes, mais qu’elles seront reconnues par les connaisseurs”. Elles symbolisent en tous cas les courants musicaux du moment : hip-hop, techno et rock “garage”.

Derrière le succès de l’iPod, il y a surtout une idée : simplifier l’utilisation de la musique numérique. Nous avions déjà évalué son potentiel dès 2001 (voir édition du 24 octobre 2001). Les premiers acheteurs l’ont compris immédiatement. L’iPod a ainsi déjà été utilisé pour monter un service de musiques à la demande dans des restaurants ou des bars à la mode aux Etats-Unis. Il a aussi servi à transporter les scènes du film le Seigneur des anneaux lors de son montage en Angleterre. Adopté comme symbole d’une nouvelle forme de sociabilité (voir édition du 24 novembre 2003), l’iPod est utilisé par des DJs du monde entier. Pour Andrew Andrew, deux DJ de New York, il s’agit d’un véritable gagne-pain. Les deux garçons ont lancé ce qu’ils appellent des “iParty” dans une boîte branchée de Big Apple : l’APT. Depuis début 2002, le principe reste le même : utiliser deux iPod, garnis de plus de 1 000 titres, et raccordés à une table de mixage. Objectif de la soirée : permettre à de jeunes apprentis DJ de mixer pour les autres participants. Il y a même une liste d’attente à laquelle les participants s’inscrivent à l’entrée. Une fois sur scène, ces DJs d’un soir ont 7 minutes, montre en main, pour devenir un “MP3J”, comprenez un DJ utilisant des MP3 ! Les représentants de cette nouvelle forme d’animation pullulent, et le cas d’Andrew Andrew n’est que la partie émergée de l’iCeberg !


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