ITesprechô : Orange, Vivendi, Groupe Bolloré : quelles jonctions en Afrique ?

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Entre distribution d’offres Canalsat et le déploiement de la fibre en Afrique, Orange et la sphère des groupes de Vincent Bolloré pourraient trouver des terrains d’entente pour avancer ensemble.

On parle souvent des jonctions entre Orange et Vivendi en France, notamment à travers la commercialisation d’offres Canal+ destinées aux clients de l’opérateur télécoms. Voire même de prise de position capitalistique. Fin août, Challenges évoquait ce scénario d’une prise de participation d’Orange dans Vivendi (propriétaire du groupe Canal Plus).

Mais le champ des possibles pourrait s’élargir au continent africain. En y incluant le groupe Bolloré, qui vient au passage de renforcer son emprise dans le capital de Vivendi (la semaine dernière, Groupe Bolloré a franchi le seuil des 20 % du capital et des droits de vote de Vivendi).

Ces trois groupes français ont en commun un centre d’intérêt : le potentiel de développement économique du continent africain.

Effectuons un rapide état des lieux pour planter le décor : Orange est présent dans 20 pays africains, un continent désormais perçu comme un relais de croissance pour l’opérateur. Orange investit 1,2 milliard d’euros par an en déploiement réseaux sur cette plaque géographique.

De son côté, Vivendi avance ses pions en Afrique sous diverses formes : développement d’offres commerciales TV de Canal+ (offre TNT EasyTV, Canalsat), CanalOlympia (« premier réseau de salles de cinéma et de spectacles en Afrique »)…Dans une interview accordée fin août à L’Opinion, David Mignon, Directeur général de Canal+ Afrique, confirmait les ambitions du groupe en ciblant les foyers francophones sur le continent.

En ce qui concerne le groupe Bolloré, il peut compter sur ses branches de transport, de logistique et de négoce bien implantés en Afrique.

L’un des projets les plus fascinants est baptisé BlueLine : la construction d’un réseau ferroviaire sous l’impulsion de Vincent Bolloré qui reliera cinq pays: Bénin, Togo, Niger, Burkina Faso et Côte d’Ivoire. Actuellement, le chantier est bloqué en raison d’un contentieux juridique relatif au tronçon entre le Bénin et le Niger.

Le déploiement de BlueLine sert également de backbone à une infrastructure très haut débit pour le déploiement de la fibre optique. Vivendi s’y colle déjà, comme le suggérait BFM TV dans le courant de l’été.

Entre accord commercial et industriel…

Au regard des positions prises par chacun des protagonistes, des alliances commerciales voire industrielles seraient susceptibles de se forger en Afrique.

Selon nos informations, Orange et Vivendi/Canal Plus pourraient s’associer pour distribuer des offres Canalsat sur la plaque Afrique de l’Ouest.

Parallèlement, le groupe télécoms, présidé par Stéphane Richard, chercherait à décrocher un accord industriel pour déployer aussi la fibre en s’appuyant sur le réseau ferroviaire BlueLine.

Et ce, afin de couvrir en fibre les centres des principales villes et les zones business sur les territoires desservis par la ligne de chemin de fer.

Contactés par ITespresso.fr en fin de semaine dernière, les groupes Vivendi, Orange et Bolloré n’ont pas répondu à nos demandes de précisions ou d’entretiens.

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Présence d’Orange en Afrique – Décembre 2015 (source : société)
Entre déploiements sous-marins et terrestres
Pour Orange, ce déploiement « terrestre » constituerait un prolongement assez naturel des câbles sous-marins déroulés par le groupe télécoms à travers le consortium ACE (Africa Coast to Europe) pour étendre l’accès Internet sur le continent africain.

En novembre 2015, le groupe télécoms avait confirmé l’extension de 5000 km du câble sous-marin jusqu’en Afrique du Sud.

A l’époque, on parlait déjà de près de 12 000 km de câble optique déployés reliant 18 pays : France, Portugal, Îles Canaries (Espagne), Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée, Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Bénin, Ghana, Nigéria, Guinée Équatoriale, Gabon et Sao Tomé & Principe.

« Deux pays sans façade maritime, le Mali et le Niger, sont connectés grâce à un prolongement terrestre », précisait un communiqué à l’époque.

Orange dispose de propre branche de déploiement de réseaux câblés sous-marins : Orange Marine.

 


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