Jeux en ligne : coup de poker dans un marché balbutiant

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Selon l’ARJEL, on recense 3 millions de joueurs sur les sites de jeux d’argent (paris hippiques et sportifs et poker) pour 37 opérateurs agréés. Le poker en ligne sert de locomotive.

L’Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL) a publié un bilan d’activité pour le premier semestre 2011.

On en trouve une synthèse sur le portail du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat.

Sur cette période, elle recense 2,9 millions de joueurs de poker, parieurs sportifs et turfistes sur Internet pour 293 millions d’euros misés (un demi-milliard depuis l’ouverture du marché en France qui remonte à 2010).

Inutile de se voiler la face : le démarrage du marché légal des jeux d’argent en ligne déçoit globalement. Mais il a permis de juguler l’offre clandestine disponible sur Internet.

Malgré l’appel d’air que représentait la perspective de la Coupe du Monde 2010 de football en Afrique du Sud (avec le recul, il est vrai que les performances des Bleus ont pu rafraîchir les ardeurs), on a observé un certain frémissement à l’ouverture du marché des jeux en ligne : paris hippiques et sportifs et poker.

Mais il est difficile de parler de véritable engouement.

Sur la première moitié de l’année 2011, les résultats sont à nuancer : les paris sportifs et hippiques en ligne manquent de dynamisme tandis que le poker virtuel a le vent en poupe.

Cet univers de jeux intrigue…Le poker multijoueurs peut se targuer d’une progression à près de 350 000 utilisateurs.

Sport et hippisme stagnent à quelques 50 000 inconditionnels, qui misent toutefois gros, mettant sur la table des sommes généralement supérieures à leurs homologues.

Entre juin 2010 et juin 2011, le volume de mises des paris sportifs s’élève à 740 millions d’euros. Le football est prédominant (57% des paris).

Avec l’ouverture de la Coupe du Monde de rugby, il est intéressant de remarquer que ce sport n’attire que 3% des encours.

37 opérateurs disposent d’un agrément ARJEL pour développer leurs activités en France (11 au départ).

Pêle-mêle, on y trouve BetClic, Winamax, Zeturf, le PMU, la Française des Jeux, Partouche Gaming ou Iliad Gaming (via ChiliPoker).

La haute autorité du secteur veille au grain. Elle n’hésite pas à faire venir les fournisseurs d’accès Internet devant la justice pour leur imposer un filtrage des sites pirates (c’est légal mais cela fait grincer des dents).

Son rôle se prolonge jusqu’à la protection du joueur contre la fraude et l’addiction, notamment via des campagnes publicitaires de sensibilisation.

Soumis à des règles draconiennes, les opérateurs doivent montrer patte blanche.

Ainsi, dans une décision du 4 juillet 2011, le collège de l’ARJEL a décidé de suspendre l’agrément de Rekop Limited afin de permettre à la société “de poursuivre les démarches entreprises permettant le rétablissement de son activité dans des conditions compatibles avec les exigences de la délivrance de l’agrément afférent au site Fulltiltpoker.fr”.

Au printemps dernier, les députés Jean-François Lamour et Aurélie Filippetti ont rendu un rapport sur les jeux en ligne auprès de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale. Ils ont mis en avant 21 propositions visant à “ajuster” la loi française.

Mais le gouvernement ne semble pas presser de rouvrir ce dossier avant l’élection présidentielle.


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