Kevin Browne : l’homme du Mac chez Microsoft

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En trois ans à la tête de la MacBU, le patron de l’équipe de fous du Mac retranchée dans les murs du géniteur de Windows a rapproché les mondes PC et Mac. Sa méthode quelque peu expéditive lui a joué des tours, mais au final le résultat est là : à Redmond, il y a quelques irréductibles qui résistent et ne se moquent pas du marché du Mac.

“Vous savez, nous revenons de très, très loin !” Kevin Browne, actuel patron sur le départ de l’équipe de développeurs pour Mac (la célèbre Mac BU) chez Microsoft, sait de quoi il parle. “Si on retrace l’histoire des applications pour le Mac, que voit-on ? Avant 1996/1997, il n’y a pas d’équipe de développement distincte. Microsoft utilisait environ 80 % du code développé pour les versions destinées à Windows et réalisait près de 20 % de code spécifique au Mac. A partir de 1995, avec la croissance de la plate-forme Windows, le chiffre d’affaires de Microsoft a été multiplié par 10. Et pendant ce temps, le marché du Mac stagnait, voire déclinait !” Autant dire qu’il aurait été fort possible que Microsoft abandonne le Mac dès 1997 ! “La question s’est posée à Microsoft, à cette époque, de savoir s’il fallait développer une nouvelle version d’Office pour Mac. Des voix se sont élevées. Certains cadres dirigeants de notre société étaient prêts à monter leur propre société en rachetant à Microsoft le code destiné aux versions d’Office pour le Mac !” Mais l’Histoire en a décidé autrement et l’éditeur de Redmond a décidé la création de la Mac BU. Une entité dirigée d’abord par Ben Waldman (voir édition du 10 octobre 2001) puis par Kevin Browne dans la foulée.

Un développement à marche forcée

Et à petite foulée ! Kevin, un ancien militaire, n’a pas fait chômer son équipe. Les développeurs de Redmond ont fait passer une énorme partie du code utilisable sur l’ancien système d’exploitation des Mac vers le nouveau, Mac OS X. Une stratégie de passage en force destinée à donner à Microsoft un avantage compétitif de poids. Cette transition en une fois n’est finalement pas un effort dilué, mais un investissement sur l’avenir ! Désormais, les 25 millions de lignes de code d’Office sont utilisables en l’état, Internet Explorer aura été le premier grand navigateur à fonctionner sous X, Windows Media Player tourne également, tout autant que MSN Messenger. Sans oublier les pilotes des claviers et des souris du géant des logiciels ! Aujourd’hui, il reste à porter Outlook (Microsoft semble avoir définitivement abandonné l’idée de porter Outlook Express qui viendrait concurrencer Mail d’Apple) et les services trouvés sur Internet, comme MSN ou ?Net.

L’avenir de la Mac BU lié à la réussite de Mac OS X

Autant dire que Microsoft a intérêt à voir la réussite de Mac OS X ! “Nous avons dit lorsque nous entrions sur ce marché que nous allions le faire bien. Nous avons toujours essayé de faire les bons choix pour les clients. Notre support de QuickTime dans Office pour le Mac est meilleur que le support des technologies Windows Media parce que c’est ce que les clients nous ont demandé. C’est la même chose pour Mac OS X. (…) Nous coulerons (la Mac BU) si OS X n’est pas un succès”, avait indiqué Kevin Browne à nos confrères de NewsFactor en mars dernier.

Une équipe à part

Après trois ans passés à la tête de la Mac BU, Kevin Browne va maintenant s’occuper du développement d’un autre produit de Microsoft, la Xbox. Mais son héritage reste : la Mac BU est lancée dans l’aventure Mac OS X, et Microsoft n’a pas vraiment intérêt à s’en dégager. L’éditeur l’a bien compris et joue sur le rapprochement des mondes PC et Mac (voir édition du 14 octobre 2002). Toute l’oeuvre de Browne est sans doute là : avoir su faire oublier aux aficionados du Mac que les produits qu’ils vendaient provenaient de l’éditeur des systèmes pour PC. “Le marché du Mac est un marché dynamique. Croyez-moi, Microsoft ne proposerait pas de produits sur cette plate-forme s’il n’y avait pas d’argent à gagner” !


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