Kickstarter en France : qui entre en campagne ?

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Kickstarter lance aujourd’hui ses activités en France. Coup de projecteur sur trois campagnes lancées à cette occasion.

Ce 27 mai marque le lancement officiel des activités de Kickstarter en France.

Les porteurs de projets basés dans l’Hexagone peuvent désormais lancer des campagnes sans devoir passer par une entité implantée dans l’un des 11 autres pays où la plate-forme américaine de crowdfunding propose ses services.

Alors que certains entrepreneurs se donnent jusqu’à l’été pour tenter l’aventure, d’autres sont dans les starting-blocks.

Présentant des profils variés, ils adoptent surtout des approches très différentes, aussi bien en termes de communication auprès des internautes que de positionnement sur le marché. Il faut dire que la plupart n’ont jamais exploité ce mécanisme de financement qui draine encore relativement peu d’investissements en comparaison aux canaux « traditionnels ».

A la croisée du réel et du virtuel

Dans l’écosystème parisien, on retrouve Naziha Mestaoui. Cette artiste formée en architecture porte le projet One Heart One Tree, qui associe la présentation d’une oeuvre d’art numérique à une initiative de reforestation.

Les participants à l’opération pourront planter des graines virtuelles qui pousseront au rythme de leurs battements de coeur, jusqu’à représenter des arbres lumineux qui seront projetés sur les monuments de la capitale dans le cadre de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21).

Chaque participant reçoit ensuite, sur son smartphone associé à un capteur de rythme cardiaque, une photographie de son arbre virtuel unique accompagné de son nom ou du mot qu’il a souhaité y associer.

A la croisée du virtuel et du réel, tous les arbres représentés sur les monuments de Paris sont véritablement plantés à travers le monde, dans les zones déforestées ou les systèmes agroforestiers d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Un certificat est joint avec le nom du planteur et un rapport sur l’évolution de l’arbre est fourni tous les 6 mois pendant 3 ans.

L’initiative remonte à 2012. Depuis lors, plus de 14 000 arbres ont déjà été plantés à travers des expositions en France (Gaîté lyrique, Roland-Garros…) et à l’étranger. A l’occasion du COP21, c’est la tour Eiffel qui servira d’indicateur sur le nombre d’arbres plantés. L’objectif étant de reproduire l’expérience sur d’autres grands monuments du monde.

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Des arbres pas si virtuels…

Le goût de l’initiative

Aziz Temimi et François-Xavier Thiebaud se lancent eux aussi sur Kickstarter pour développer leur start-up Gula, incubée chez TheFamily et spécialisée dans les en-cas sur abonnement.

Les quelque 600 clients revendiqués après un peu plus d’un trimestre d’activité reçoivent tous les mois, aux alentours du 9, une Gula Box contenant 16 en-cas surprises en portions individuelles de 40 à 50 g.

La valeur ajoutée réside dans la sélection des produits, effectuée sur des critères de saveurs, de nutrition et de saisonnalité, à partir de recettes provenant de « plus de 100 pays ». Le tout est d’ailleurs accompagné d’un livret de dégustation.

On notera que ce concept est exploité par une autre start-up : Picorist, qui se concentre également sur les fruits séchés, les fruits à coque, les graines et le chocolat… avec une offre entreprises.

Du côté de Gula, on en reste à des formules individuelles, avec ou sans engagement (49,90 euros TTC pour 3 mois ; 89,90 euros pour 6 mois). Les abonnés ont aussi la possibilité de commander en plus grande quantité certains produits apparus dans une édition précédente de la Gula Box.

La campagne de crowdfunding s’échelonnera sur 33 jours, du 28 mai au 30 juin. Les 15 000 euros demandés aux internautes seront investis dans une machine d’emballage professionnelle, afin de réduire le temps de préparation des coffrets et se concentrer sur le développement d’une offre hebdomadaire.

Un poids lourd dans la mêlée

L’objectif de financement est plus élevé pour DJIT : 50 000 euros. Il faut dire que la société basée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) évolue dans une autre dimension : bien installée sur le marché américain avec son application edjing (mix musical) qui compte plusieurs dizaines de millions de téléchargements sur les app stores, elle a déjà levé 2,5 milliards de dollars fin 2013.

La campagne Kickstarter – qui durera jusqu’au 1er juillet – servira surtout à mesurer la réceptivité du public face à ce qui constitue une première pour DJIT. L’entreprise, qui développait jusqu’alors des solutions 100 % logicielles, lance l’offensive sur le volet hardware avec Mixfader.

Fruit d’un an de travaux, ce fader connecté avait été présenté en mars pendant la conférence South by Southwest (SXSW) organisée à Austin (Texas). Il ne s’agissait encore que d’un prototype, la commercialisation du produit étant prévue pour fin 2015.

En plus de contreparties « alléchantes » pour les premiers backers (jusqu’à 80 euros de réduction sur un prix conseillé de 129 euros), DJIT soigne sa stratégie de communication. Une vidéo virale publiée ce 27 mai révèle son partenariat avec 9 O’Clock.

Ces Français, doubles champions du monde de DJing aux DMC, ont reproduit leur performance gagnante de 2014 avec Mixfader, connectable en Bluetooth aux smartphones et aux tablettes (iOS, Android).

L’application mobile qui lui est liée dématérialise la platine vinyle et permet de pratiquer le scratch. Quant au fader, il sert à changer de morceau, mais aussi à créer des découpes sonores et des rythmiques. La latence est annoncée à 5 ms (donc imperceptible à l’oreille humaine) ; l’autonomie, à 10 heures ; le temps de recharge, à 25 minutes.

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Mixfader ou le DJing sans fil

Crédit photo : Gil C – Shutterstock.com


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