La baisse des échanges illégaux de musique en ligne se confirme

Mobilité

L’étude menée par l’institut Pew Internet tend à confirmer le succès de la politique répressive de la RIAA aux Etats-Unis. Etudiants et jeunes adultes restent les utilisateurs les plus actifs des réseaux d’échange.

Le nombre d’utilisateurs qui partagent en ligne des fichiers de musique de manière illégale aurait chuté de moitié depuis les poursuites que la RIAA (Recording Industry Association of America) a lancées cet été à l’encontre des internautes américains (voir édition du 9 septembre 2003). C’est le constat établi par Pew Internet and American Life Project, une association qui étudie l’impact du Net sur la société américaine, selon un rapport rendu public le 4 janvier 2004.

18 millions d’utilisateurs américains

A partir d’un sondage effectué par téléphone auprès de 1 358 usagers de plus de 18 ans entre le 18 novembre et le 14 décembre 2003, les résultats révèlent que 14 % des internautes, contre 29 % selon une précédente étude réalisée en mars, avril et mai 2003, continuent d’utiliser illégalement les réseaux d’échanges. Soit environ 18 millions d’utilisateurs contre 35 millions avant l’été. Seulement 1 % des sondés avouaient avoir téléchargé des fichiers musicaux à l’occasion d’une journée de sondage prise au hasard durant la période de l’étude. Ils étaient 4 % au printemps sur la base du même procédé d’interrogation.

Sans réelle surprise, l’étude révèle que, avec 28 % de participants, les jeunes adultes (18-29 ans) constituent le groupe le plus actif en matière de téléchargement. Les 30-49 ans participent pour 13 % aux échanges illégaux et les seniors (plus de 50 ans) pour 6 %. Soit un total de 47 % des utilisateurs de réseaux peer-to-peer (P2P). L’autre moitié des utilisateurs de logiciels d’échange est-elle constituée par les adolescents, gros usagers des liens P2P ? C’est fort probable dans la mesure où l’étude ne prend pas en compte leurs avis. A eux seuls, les étudiants constituent en tout cas près du quart (24 %) des “téléchargeurs”, alors qu’ils étaient 56 % quelques mois auparavant.

Des logiciels en perte d’audience

Pour compléter ses évaluations, Pew Internet a fait appel au cabinet de mesure comScore Media Metrix qui s’est attaché à estimer les utilisations des logiciels d’échanges les plus répandus, à savoir Kazaa, WinMX, BearShare et Grokster, tous en baisse. Si Kazaa a perdu 15 % de ses utilisateurs en un an, passant d’environ 35 millions en juin 2003 à moins de 26 millions d’utilisateurs en novembre 2003. L’audience de WinMX a baissé de 25 % sur la même période et celle de Grokster de 59 %. Il semble cependant que ces chutes de fréquentation ne soient pas uniquement dues aux menaces de l’association de défense de l’industrie du disque, la diminution du nombre d’utilisateurs ayant été amorcée fin 2002. Quant à BearShare, il se maintient au dessus de 1 million d’usagers depuis plus d’un an et limite ses pertes à 9 %.

L’étude de Pew Internet tend donc à confirmer le succès de la politique répressive de la RIAA qui, à ce jour, a poursuivi 382 personnes. Succès d’autant plus voyant que les solutions légales, efficaces et bon marché de téléchargement en ligne ont fleuri au cours de l’année 2003, notamment avec l’iTunes Music Store d’Apple et la renaissance de Napster. Cependant, si l’usage du P2P illégal connaît effectivement une baisse, celle-ci pourrait se limiter aux Etats-Unis. Nombre d’acteurs estiment que, à la manière des vases communicants, le P2P a considérablement augmenté en Europe (voir édition du 17 décembre 2003). D’autres avancent que les logiciels traditionnels d’échange de fichiers comme Kazaa sont délaissés au profit d’applications plus discrètes (voir édition du 5 décembre 2003). Aucune étude mondiale ne permet, pour le moment, de confirmer ou non la tendance.


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