La BLR s’impose pour les applications hébergées en ASP

Mobilité

Le modèle ASP nécessite une connexion Internet afin de pouvoir accéder à ses logiciels hébergés à l’extérieur de l’entreprise. Afin de ne pas subir d’encombrement sur la ligne, cette dernière se doit d’offrir des débits importants. Luc Van Gompel, DG de Belgacom, un opérateur et un fournisseur d’accès, nous éclaire sur le type de connexion appropriée pour l’externalisation d’applications.

VNUnet : Aujourd’hui, dans certaines régions, une entreprise a véritablement le choix pour le type de connexion qu’elle souhaite avoir. Seulement, parmi ces solutions, laquelle est la mieux adaptée lorsqu’une entreprise souhaite externaliser une application en mode ASP ?

Luc Van Gompel :Lorsqu’une entreprise souhaite externaliser une ou plusieurs applications, elle doit prendre en compte à la fois le débit en phase descendante, c’est-à-dire la capacité à recevoir des informations provenant de la solution hébergée à l’extérieur de l’entreprise, mais aussi veiller à ce que les débits en phase montante soient suffisamment importants. L’entreprise doit pouvoir envoyer ses informations rapidement. Et là, l’ADSL montre ses limites car ce type de raccordement n’est pas symétrique. En revanche, la boucle locale radio permet des débits symétriques importants. La liaison spécialisée est quant à elle plus performante que la BLR, mais son coût est nettement supérieur. Je pense que si on se base sur un rapport qualité-prix, la BLR est la connexion la plus avantageuse.VNUnet : L’ADSL plafonne à 320 Kbits/s pour les connexions en voie montante. Cela veut-il dire que ce débit est nettement insuffisant quand lorsqu’une entreprise fait le choix de l’ASP ?

Luc Van Gompel :Cela dépend des besoins des entreprises. Si une société qui a externalisé une solution de comptabilité doit envoyer, par exemple, 20 factures par jour, 320 Kbits/s suffisent largement. Mais dès lors que l’entreprise envoie plusieurs milliers de factures par jour avec un processus automatisé, le débit de l’ADSL est nettement insuffisant. La BLR, en revanche, peut prendre le relai de l’ADSL sans aucun problème pour des entreprises de 500 personnes. Au-delà, on tombe dans le domaine de la LS.VNUnet : Les débits varient en fonction des applications hébergées. Cela demande donc de pouvoir faire évoluer son réseau sans problème. La BLR répond-elle à cette exigence ?

Luc Van Gompel :Aujourd’hui, la BLR a un débit maximum de 8 à 12 Mbits/s. En théorie, elle peut même aller jusqu’à 34 Mbits/s, puisqu’une station de base délivre ce débit. Mais il est rare qu’une station délivre un seul client. Avec 8 Mbits/s, la BLR peut donc répondre aisément à un certain nombre de besoins d’une entreprise. Mais surtout, une entreprise qui décide de passer de 1

Mbit/s à 5 Mbits/s peut le faire sans aucun problème. La boucle locale radio permet à l’entreprise d’avoir un large choix de débits puisque l’entreprise paie en fonction de sa consommation et non de la capacité du réseau, à la différence des liaisons terrestres. Lorsqu’on installe par exemple un câble, le réseau est dimensionné aux besoins actuels de l’entreprise, tout en prenant en compte son évolution à court terme. Dès lors, l’entreprise paie pour une capacité dont elle n’a pas besoin et peut dans le même temps se retrouver avec un “tuyau” au débit insuffisant si la croissance de la société a été plus rapide que prévu.VNUnet : Si la BLR est un type de connexion viable, pourquoi des opérateurs comme France Télécom ne se sont-ils pas jetés véritablement sur ce créneau ?

Luc Van Gompel :France Télécom a préparé un dossier de candidature sur la BLR. L’ART l’a refusé car l’opérateur historique a déposé ce dossier après la date de clôture. Sans entrer dans la polémique selon laquelle France Télécom l’aurait fait exprès, une chose est certaine, c’est qu’un des critères de sélection de l’Autorité de régulation était l’ouverture à la concurrence du haut débit en France. Il était donc difficile pour France Télécom de répondre à ce critère… Toutefois, l’absence de poids lourds dans cette technologie n’accrédite en aucun cas la thèse d’une connexion qui serait inférieure.VNUnet : Votre position d’opérateur BLR vous permet-elle d’être neutre sur ce sujet ?

Luc Van Gompel :Nous nous définissons totalement comme un partenaire, comme un conseiller auprès des entreprises. Si la BLR, pour la partie data, s’imposera à terme chez Belgacom, nous resterons tout de même positionnés sur les autres types de raccordement tels le Turbo DSL, les liaisons spécialisées et aussi les connexions RNIS. Cela fait donc de nous un partenaire neutre.VNUnet : Dans un avenir proche, la SDSL (Symmetric Digital Subscriber Line), qui semble répondre aux exigences spécifiques d’un accès Internet professionnel, ne risque-t-elle pas de venir concurrencer la BLR ?

Luc Van Gompel :Franchement, j’ai des doutes. Si la technologie pourra offrir des débits importants en mode symétrique, de l’ordre de 10 Mbits/s, son implémentation sera complexe. Le problème du câble, c’est qu’il devient de plus en plus difficile à mettre en place au fur et mesure que les débits augmentent. Par exemple, une station BLR a une portée de 3 à 5 km alors que l’abonné SDSL devra se trouver à quelques centaines de mètres du point de présence de l’opérateur. Une différence de portée qui se répercutera forcément sur le prix final.


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