La fibre optique de Google fait une percée en Afrique

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Google s’implique dans le développement des accès Internet en Afrique et prend l’initiative en Ouganda avec le déploiement, dans la ville de Kampala, d’une infrastructure de coeur de réseau à destination des opérateurs locaux.

Début octobre, Google annonçait rejoindre, aux côtés d’une trentaine de grandes entreprises IT, l’Alliance for Affordable Internet (A4AI), cette coalition qui s’est fixé l’objectif de développer une économie numérique globale en connectant l’ensemble de la population mondiale.

La firme de Mountain View a déjà pris plusieurs initiatives en ce sens, parmi lesquelles le Projet Loon, qui prévoit la création d’une ceinture de ballons stationnaires servant d’antennes-relais pour distribuer une connexion Internet dans toutes les zones reculées du Globe.

Son infrastructure optique se développe en parallèle avec, aux États-Unis, de multiples expérimentations sur la fibre à 1 Gbit/s : à Kansas City en 2012, à Provo (Utah) cette année, à Austin (Texas) en 2014.

La fibre est aussi au coeur du Projet Link, conduit depuis plusieurs mois en Afrique et officialisé ce mercredi.

Dans la ville de Kampala (Ouganda), Google a mis en place un backbone IP auquel pourront s’interconnecter opérateurs mobiles et fournisseurs d’accès à Internet.

Ce coeur de réseau est relié aux infrastructures cellulaires par des liens optiques eux-mêmes connectés à de la fibre sous-marine.

Sa mise à disposition devrait multiplier par 100 – jusqu’à 2 Gbit/s – le débit maximal proposé aux trois millions d’habitants que compte la ville.

Cette bande passante sera prioritairement exploitée par les terminaux mobiles, mais les FAI sont invités à acheminer la fibre vers des entreprises locales, des hôpitaux, des universités…

Pour l’heure, trois des dix opérateurs implantés à Kampala ont signé un accord d’exploitation de ce backbone que Google concède à des tarifs avantageux, avec l’objectif d’abaisser le coût des abonnements pour les utilisateurs finaux.

Un enjeu crucial alors que, selon les dernier rapport des Nations Unies, seuls 16% de la population africaine sont connectés à Internet : pour augmenter ce taux, il faudrait, toujours selon l’ONU, proposer des forfaits à moins de 5 dollars par mois.

Outre cette quête d’abordabilité tarifaire, Google souligne son idéologie première : réduire la fracture numérique et permettre aux populations de développer leur éducation, leur économie et, à terme, leur niveau de vie.

Difficile, néanmoins, de se persuader que cette démarche relève exclusivement d’une action humanitaire.

Elle semble, en l’occurrence, étroitement liée à la question de la publicité, placée au coeur du modèle économique de Google.

En outre, plusieurs problématiques se posent à travers cette initiative.

En plus de favoriser l’adoption de technologies permettant de minimiser le coût d’accès à Internet, il faudra notamment adapter l’offre de terminaux pour les marchés émergents.

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Crédit photo : Lim ChewHow – Shutterstock.com


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