La France se met à l’heure de l’open data

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Le 5 décembre, la mission gouvernementale Etalab devrait ouvrir le portail Data.gouv.fr. Panorama du marché dans le monde : Etats-Unis, Royaume-Uni, Kenya…

C’est la grande journée « open data » en France.

Dans la journée du 5 décembre, la mission gouvernementale Etalab devrait ouvrir le portail Data.gouv.fr, considéré comme « la plate-forme d’ouverture des données publiques ».

Dans le cadre des Assises de l’évaluation des politiques publiques (10 novembre) organisées à Paris, Pierre Chrzanowski, un responsable du Service pour la Science et la Technologie à l’ambassade de France au Royaume-Uni, a fait le point sur les initiatives prises dans le monde.

En tout, 23 pays ont lancé une démarche dans ce sens plus ou moins abouti. Cela concerne 44 grandes villes impliquées et 188 catalogues de jeux de données sont recensées dans le monde.

En Europe, ce marché de l’open data pèserait 130 milliards d’euros en Europe, selon la Commission européenne.

Les Etats-Unis ont été les pionniers de l’open data, rappelle Pierre Chrzanowski. C’était une promesse du candidat Obama à la Maison Blanche.

Il n’a pas perdu de temps : dès le démarrage de son mandat en janvier 2009, le Memorandum on Transparency and Open Government est publié*.

L’ère de « l’open data » et de « l’open government » devient plus tangible avec l’inauguration du portail Data.gov en mars 2009.

Depuis, on recense 390 000 jeux de données, 1125 applications, 236 applications créées par des citoyens, 172 agences mises à contribution…Une troisième version plus communautaire entre producteurs et ré-utilisateurs de données devra sortir prochainement.

Au Royaume-Uni, le déclic survient en janvier 2010. On trouve désormais 7500 jeux de données sur le portail gouvernemental. « Presque deux ans après, on constate un certain essoufflement », considère Pierre Chrzanowski.

Pourtant, les idées originales ne manquent pas comme cette application mobile Police.uk qui fait tant de bruit car elle expose la concentration de la délinquance en fonction des zones géographiques.

En France, on retrouve une initiative moins aboutie datant d’avril 2009 : CartoCrime.Net, un « portail géostatistique d’accès et de téléchargement des données localisées des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales » géré par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP)

En Afrique, ce type d’initiative émerge parfois comme au Kenya afin de favoriser la transparence de la vie politique plutôt gangrenée par la corruption.

Dans le courant de l’été 2011, le portail Opendata.go.ke ouvre ses portes dans un pays qui se distingue pour son très fort taux de pénétration de l’Internet mobile.

98% des 10 millions d’internautes (26% de la population) accèdent au Web via un mobile, faute d’infrastructures télécoms fixes installées.

Que se passe-t-il en France ? Le débat suscite un certain intérêt.

Le gouvernement a fait paraître un décret en date du 21 février 2011 pour mettre en place la mission Etalab en charge de créer un portail pour « favoriser la réutilisation des informations publiques », « encourager l’innovation » et « contribuer à renforcer la transparence de l’action de l’Etat ».

La mise en ligne de la première version bêta de Data.gouv.fr est prévue pour aujourd’hui le 5 décembre.

Parallèlement, des municipalités de grandes villes comme Rennes, Paris, ou Bordeaux ont lancé des initiatives locales.

Le sujet monte dans les collectivités comme le démontre l’initiative Opendata71.fr du conseil général de Saône-et-Loire présidé par Arnaud Montebourg (PS).

Début 2012, le Conseil national du numérique devrait rendre un rapport sur ce thème en vogue.

* Source : Regards sur l’actualité : « Les données publiques, un nouvel eldorado ? » – Avril 2011 – La Documentation Française


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