La fusion entre Alcatel et Lucent est confirmée

Mobilité

Les deux équipementiers veulent former le “leader mondial des solutions télécoms”. Ils ont pré-établi un cadre d’organisation.

Cette fois-ci, cest la bonne. Après une tentative de rapprochement avorté en 2001, Alcatel et Lucent Technologies ont annoncé officiellement leur fusion “pour former le leader mondial des solutions de communication” dans un communiqué de presse en date du 2 avril. Les négociations se sont déroulées très rapidement car les deux groupes avaient annoncé qu’ils débutaient les discussions en vue d’un rapprochement le 24 mars dernier (voir édition du 24 mars 2006).

Les ambitions affichées sont claires : devenir la référence en termes de convergence avec le portefeuille de produits le plus étendu du secteur dans les technologies fixes, mobiles et services associés. Les deux groupes partenaires mettent notamment l’accent sur leur pôle R&D : 26 100 ingénieurs et chercheurs notamment au sein des Bell Labs (l’effectif cumulé étant de 88 000 salariés à fin 2005).

A l’issue de la fusion si elle est entérinée par les “autorités compétentes” aux Etats-Unis et en Europe, les actionnaires d’Alcatel détiendront 60% du nouvel ensemble et ceux de Lucent Technologies en disposeront de 40%. Une double cotation à la Bourse de Paris et celle de New-York est prévue.

Un nouveau nom à moyen terme

La nouvelle société sera de droit français et le siège social sera à Paris. Le rapprochement entre Alcatel et Lucent Technolologies donnera lieu à la création d’une nouvelle société “dont le nom sera défini ultérieurement”. Au cours de la phase de transition qui devrait durer six à douze mois, les deux sociétés poursuivront leurs activités de façon autonome.

Quelles places vont prendre les principaux dirigeants dans le nouvel ensemble? Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel, deviendra Président non-exécutif du conseil d’administration tandis que son homologue américain Patricia Russo prendra les fonctions de directeur général. Mike Quigley, actuel numéro deux de l’équipementier français, prendra le poste de directeur général adjoint. Au sein du conseil d’administration, la représentation des deux sociétés sera paritaire (avec cinq administrateurs actuels d’Alcatel et cinq autres de Lucent).

Réduction prévue de l’effectif de 10%

Sur le volet des chiffres, les deux entités vont réaliser un chiffre d’affaires cumulé de 21 milliards d’euros en 2005. En se rapprochant, les deux groupes attendant des synergies en termes de coûts : 1,4 milliard d’euros par an en année pleine au bout de trois ans. Ils n’échapperont pas à une restructuration de leur activité qui se traduira par la “réduction d’environ 10% de l’effectif global”, toujours selon le communiqué de presse commun.

A travers la fusion Alcatel-Lucent, la question de Thales reste sous-jacente. Alcatel détient actuellement 9,5% de Thales et pourrait en détenir jusqu’à 25% ou 30%, selon des analyses d’experts économiques.

Là aussi, un début de réponse est esquissé. “La société commune restera le partenaire industriel de Thales et un actionnaire-clé aux côtés de l’Etat français (…)Le conseil d’administration d’Alcatel a par ailleurs émis un avis favorable à la poursuite des négociations avec Thales en vue d’un renforcement du partenariat actuel”.

Les deux groupes ont prévu de donner plusieurs webcasts pour donner des précisions sur ce rapprochement stratégique dans l’univers des télécoms dans la journée de lundi.


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