La grogne des distributeurs Apple

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Rapports tendus entre la Pomme est ses distributeurs de France et de Navarre. La goutte qui a fait déborder le vase ? La décision unilatérale d’Apple de ramener la marge à 5 % ! Et l’Apple Store en ligne qui grignote des parts de marché. Mais ce n’est pas tout : Apple est habituellement injoignable et se révèle être un partenaire inexistant…

L’existence de l’ADA a été rendue publique le 1er septembre 2000. L’ADA ? L’Association des Distributeurs Apple. Originellement un réseau de professionnels unis pour s’échanger des informations commerciales. Aujourd’hui, ce groupe élève la voix : les revendeurs Apple sont essoufflés, n’arrivent plus à répondre aux problèmes techniques des clients, n’ont pas d’interlocuteurs auprès d’Apple, sont confrontés à des grossistes inconsistants (le Mac ne représente pas un vingtième de leur activité) et apprennent au même moment que leurs clients que les produits ont changé. Pour couronner le tout, ces professionnels – dont certains sont dans le métier depuis vingt ans et ont soutenu Apple à bout de bras pendant ses heures sombres – se retrouvent face à une décision unilatérale de la Pomme : la marge sera désormais de 5 %…

De quoi mettre en péril la survie de certains revendeurs ? C’est sans doute ce que cherche Apple ! “Aujourd’hui, il y a seulement deux grossistes auprès de qui il est possible de s’approvisionner en produits Apple. Mais eux aussi sont passablement échaudés par les relations avec la société”, confie Olivier Rimmel, de Mediacash, le revendeur autour de qui s’est cristallisé le mouvement. “Nous sommes maintenant 250 revendeurs, membres de cette association. Des confrères étrangers nous ont rejoints : Canada, Belgique, Allemagne et Angleterre. Les francophones ont été les plus rapides à réagir, bien entendu. Mais nous faisons tous le même constat : Apple lâche ses plus fervents soutiens et a réussi à faire se rencontrer et s’unir des confrères qui étaient des concurrents souvent très féroces !”“Apple doit continuer à vendre ses produits”, soutient Olivier Rimmel. “Et certains veulent défendre la marque, pied à pied, être au contact du client et être présents pour emporter de nouveaux fans d’Apple. Quand on ne vend que du Mac, on est vraiment mordu, et on est là pour ses clients. Nous voulons participer au succès d’Apple et nous lui proposons d’en être les relais”.

Certainement, mais que devient la belle stratégie de Cupertino dans sa reconquête du monde ? Un monde fait de trois à cinq distributeurs par continent (voir notre édition du 6 juillet 2000) ? “Il y a certainement un schéma global pour le monde entier. Mais l’AppleStore n’est pas la solution pour la France pour l’instant, son marché est trop limité. Et la Fnac [un des grands distributeurs sélectionnés par Apple, ndlr] ne met plus beaucoup d’enthousiasme à la vente des machines. Les nouveaux modèles ne sont toujours pas présentés”, prévient Olivier Rimmel. La stratégie d’Apple est toutefois relativement claire, comme l’a montré une des annonces de Steve Jobs lors de son discours d’ouverture de l’Apple Expo. Certains modèles d’iBook ne seront disponibles que sur le magasin en ligne. Ce qui n’a pas manqué de provoquer des sifflets dans la salle.

Pour en savoir plus :

Le site d’ADA


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