La libre concurrence freine l’ADSL en France

Régulations

Le Conseil de la concurrence a donné raison à Club-Internet : France Télécom devra reporter de 15 semaines le lancement en région parisienne de son offre d’Internet rapide ADSL prévu début septembre, afin de laisser le temps aux autres fournisseurs d’accès d’expérimenter cette technologie à haut débit.

Les internautes parisiens qui pensaient profiter début septembre d’un accès Internet permanent à haut débit grâce à l’ADSL (Asymmetric digital suscriber line) devront s’armer de patience. Suite à la plainte déposée par Club-Internet en juin dernier (voir édition du 22 juin 1999), le Conseil de la concurrence vient de demander à France Télécom de reporter le lancement prévu début septembre de son offre d’accès Internet par l’ADSL. L’instance estime en effet que les concurrents de l’opérateur semi-public n’ont pu tester cette technologie qui requiert obligatoirement la collaboration de France Télécom.

Depuis plus de six mois déjà, Wanadoo -le fournisseur d’accès qui appartient à la filiale France Télécom Interactive de l’opérateur public- expérimente l’ADSL (voir édition du 4 et du 8 février 1999). De plus en plus répandue aux Etats-Unis, cette technologie qui vient juste d’être standardisée par l’Union internationale des télécommunications permet d’offrir des accès Internet de 1 à 7 Mbps sur les fils de cuivre traditionnels du téléphone. Mais pour en profiter, il faut installer de nouveaux équipements au niveau des standards téléphoniques qui répartissent les appels locaux. En outre, l’utilisateur doit s’équiper d’un modem spécial ADSL. Dans l’Hexagone, seul France Télécom a pu pour l’instant procéder à des tests approfondis car lui seul accède à la boucle locale, c’est-à-dire aux derniers kilomètres de lignes téléphoniques qui arrivent dans nos foyers.

Prêt pour le grand public, l’opérateur comptait lancer début septembre en région parisienne le service Wanadoo Netissimo, une offre de connexion illimitée et permanente à 345 F TTC par mois (pas de frais de communication supplémentaire) à laquelle il aurait fallu ajouter des frais d’ouverture de ligne ADSL (environ 700 F TTC). Toutefois, le Conseil de la concurrence n’est pas d’accord. Il demande à l’opérateur de geler son offre pendant 15 semaines à compter du 15 juillet et lui ordonne de communiquer à tous les fournisseurs d’accès qui le souhaiteront les données techniques permettant la mise en place d’une offre d’ADSL utilisant la boucle locale, dont il a le quasi-monopole.

Le lancement de l’ADSL en France est donc reporté jusqu’à début novembre à moins qu’un concurrent de France Télécom ne décide de lancer une offre ADSL avant cette échéance. La décision prévoit en effet que dans ce cas de figure la suspension qui frappe l’offre de France Télécom ne tient plus. Un peu de patience, donc.

Pour en savoir plus :

* http://www.finances.gouv.fr/conseilconcurrence.


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