La musique en ligne relance les ventes de CD

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Alors que les services de vente de musique en ligne, notamment l’iTunes Music Store, rencontrent un certain succès, les ventes de CD audio tendent à reprendre.

Au deuxième trimestre 2004, les ventes totales de CD audio au Royaume-Uni ont augmenté de 4 % par rapport à la même période de l’année précédente, passant de 330 à 344 millions d’euros. La croissance des ventes de singles (15 % en volume et 8 % en valeur) s’accompagne d’une hausse de l’ordre de 3,7 % des ventes d’albums. Même constat aux Etats-Unis où les ventes de disques ont augmenté de 7 % par rapport à 2003.

Selon les maisons de disques américaines, ce retournement de tendance se confirme : certains nouveaux titres d’artistes comme Norah Jones ou Usher ont ainsi généré plus d’un million de ventes dès la première semaine d’exploitation. Des résultats qui font retrouver le sourire aux distributeurs, alors même qu’une nouvelle forme de concurrence s’est développée : les ventes en ligne (voir édition du 12 juillet 2004).

Le marché de la musique semble ainsi avoir été réveillé par l’apparition du nouveau canal de vente, ainsi que par les échanges peer-to-peer. D’après une étude récente portant sur les ventes de 680 albums, réalisée par des universitaires interrogés par Yeald.com, “l’impact du partage de fichiers sur les ventes est semble-t-il positif”. Même son de cloche chez les distributeurs indépendants qui ont profité d’Internet pour augmenter leurs ventes. “Un phénomène exponentiel est en train de se produire : plus la musique est téléchargée, plus les ventes augmentent”, souligne ainsi le patron du label américain Team Love, Nate Krenkel. Evidemment, ce revirement n’est pas uniquement dû à ce phénomène. L’amélioration de l’économie, l’apparition de nouveaux artistes et la modification de la politique de vente des distributeurs y sont aussi pour quelque chose.

Un allié et un concurrent

Pour Apple, dont l’iTunes Music Store totalise 70 % des ventes en ligne, le succès de son service pourrait bien relancer une industrie qui se disait en plein marasme. Steve Jobs voit même plus loin. Dans une interview au magazine Rolling Stone, le patron d’Apple dévoilait sa vision : “Nous pensons que les gens achèteront à terme un milliard de titres en ligne, sur notre site ou sur d’autres. Et cela représentera 10 % de la musique vendue aujourd’hui aux Etats-Unis. Un jour, on ne vendra peut-être plus que de la musique en ligne.” Le cabinet Jupiter Research corrobore ce diagnostic : en 2009, les ventes de musique en ligne devraient représenter 12 % des ventes totales de musique. En mai 2004, lors de D:All Things Digital, Jobs précisait les raisons du succès de l’iTMS : “Jusqu’à maintenant, vous ne pouviez acheter que 20 % du stock des maisons de disques, parce que la plupart des titres des catalogues n’étaient pas disponibles”, indiquait-il à l’époque.

La stratégie d’Apple – et de ses concurrents sur Internet – est limpide : si la vente de musique en ligne aide aujourd’hui les majors à revitaliser l’industrie du disque en offrant une alternative au piratage, elle devrait à l’avenir devenir leur plus sérieux concurrent.


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