La net économie, planche de salut de l’Europe

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Les quinze membres de l’Union Européenne se sont réunis en conseil des ministres la semaine dernière. Derrière les banalités d’usage sur la nouvelle économie, un objectif a été fixé par les dirigeants des quinze états membres : le plein emploi dans l’union à l’horizon 2010.

L’Union Européenne et ses dirigeants aiment l’informatique et la société de l’information, nommés dans le jargon des eurocrates de Bruxelles et Strasbourg “l’économie de la connaissance”. Après les prises de position de Lionel Jospin et de Tony Blair pour un accès plus large des citoyens à l’Internet, c’est au tour de la Commission d’appeler de ses voeux le grand décollage de l’Internet en Europe. Avec un objectif à moyen terme, le plein emploi d’ici dix ans dans la zone Euro, grâce à ces technologies de l’information. Tablant sur une croissance moyenne de 3,5 % par an, les quinze pensent en effet que le chômage persistant dans nos pays depuis la fin des années 70 va se résorber sous l’effet de l’informatique et des technologies tournant autour de l’Internet.

Pour ce faire, l’UE a deux axes à mettre en place. Premier point mis en avant, la baisse des coûts d’accès au réseau. D’autre part, l’équipement de tous les établissements scolaires de l’Union en matériel informatique et en connexion Internet. Et c’est tout ! En effet, pour ce qui est de créer les emplois en eux même, les quinze préfèrent laisser la tâche aux entrepreneurs individuels, l’exemple sous jacent étant bien sûr la forte croissance de l’économie américaine et ses 5 % de chômeurs parmi la population active.

Reste que faire comprendre à France Télécom que le décollage de l’Internet passe par une quasi gratuité des communications locales ne sera sûrement pas une mince affaire. Toujours en France, il ne faut pas oublier non plus que, depuis le milieu des années 80, tous les établissements scolaires sont équipés en matériel informatique (rappelez-vous le plan Informatique pour tous…). Malheureusement, la plupart des ordinateurs ont fini enfermés dans des salles de cours où personne ne mettait plus les pieds. Enfin, si l’Union a clairement provisionné le nombre d’emplois créés par les nouvelles technologies, elle n’a communiqué aucun chiffre sur les pertes d’emplois entraînées par la marche forcée vers la société de l’information. Mais il est vrai que l’on s’éloigne alors du discours actuel autour de l’Internet et de ses bienfaits supposés sur l’économie en général…


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