La Pomme voit la vie en rose

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Le troisième trimestre fiscal d’Apple s’est achevé en juin. Le directeur financier d’Apple annonce une baisse des ventes d’iMac, des bénéfices en hausse et un avenir plus que radieux.

Incroyable Fred Anderson ! Le directeur financier d’Apple a le visage d’un fort en thème et la voix profonde, basse, du cow-boy des prairies du middle-west. Quand on l’écoute, on a vraiment l’impression d’un type sympa, malgré l’air austère et sérieux que lui donne sa “photo d’entreprise”. Reste que derrière l’apparence, c’est la colonne vertébrale du business Apple qu’il ne faut pas manquer de voir ! Anderson, c’est l’architecte du redressement financier spectaculaire d’Apple.

Apple crée à nouveau la surprise ce trimestre : des bénéfices en augmentation, des ventes en augmentation, un bénéfice par action supérieur aux meilleures prévisions des analystes et ce, malgré une légère érosion des ventes de la locomotive de la société : l’iMac. La firme a vendu 1,02 million de machines, en hausse de 12 %. En première ligne, l’iMac, diffusé à 450 000 exemplaires, suivi du G4, 350 000 unités. Les portables de la marque ne sont pas en reste : le PowerBook 113 000 machines et enfin 103 000 iBooks. Ces ventes se font pour plus du quart, par le biais de son Apple Store, son magasin en ligne, qui vend des machines principalement aux Etats-Unis pour le moment.

Tous les marchés d’Apple sont à la hausse. 13 % pour le japon, 16 % pour les Amériques, 20 % pour l’Europe et 23 % pour le bloc Asie-Pacifique (hors Japon). Conséquence, le chiffre d’affaires progresse de 28 % pour atteindre les 12,8 milliards de francs. Et Fred Anderson d’ajouter tout sourire, “notre rétablissement est terminé, nous débutons maintenant une période de forte croissance”.

Quels éléments peuvent donc lui faire dire cela ? La réponse ne se fait pas attendre : aux Etats-Unis, Apple revient dans les magasins spécialisés. Toute sa gamme grand public, iMac, iBook et Airport, va être vendue au travers de la chaîne de magasins Circuit City. Pour soutenir les ventes, Apple va se reposer sur une ligne complète de logiciels de montage vidéo : iMovie-2 et des applications de création qui reviennent dans les mains de la firme de Cupertino après son rachat d’Astarte (voir notre article du 11 avril 2000). La vidéo, c’est l’avenir de la pomme. Apple mise également sur la réelle différence de ses nouveaux produits, une coupure nette est désormais tracée dans le monde informatique : il y a la vie d’un côté, représentée par les produits et les concepts du monde numérique d’Apple et l’informatique triste de l’autre, symbolisée par des produits PC qui font tout, sauf plaire.

Dernière leçon du professeur Anderson, les coûts de production des machines de Cupertino semblent être à la baisse : avec des composants standardisés, présents dans presque toutes les machines, Apple arrive à une étape où elle s’est recentrée sur son métier, la conception de systèmes informatiques complets. Selon Fred Anderson, les coûts des composants sont à la baisse, sauf pour ce qui est des mémoires. Mais Apple a déjà verrouillé ses prix d’achat (voir notre article du 4 juillet 2000). Des coûts en baissent, cela signifie des baisses de prix pour les clients et/ou des augmentations de marge pour la pomme. Dans les deux cas, des résultats en hausse, soit par la multiplication des ventes, soit par croissance de la marge. Le cycle vertueux semble bien enclenché.

Pour en savoir plus :

* Fred Anderson

* Le CV de Fred Anderson (en anglais)


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