La production d’iMac G4 a le hoquet

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Une forte demande, une gestion de la production sous contraintes, le désengagement industriel d’Apple, une externalisation totale de sa logistique et des problèmes de qualité de fabrication expliquent un retard de 15 jours dans les livraisons du nouveau Mac. Ce retard pourrait passer à un mois dès mars prochain.

Un niveau de pré-commandes atteignant les 150 000 exemplaires, un bruit médiatique énorme et l’arrivée du mot iMac au 10e rang du moteur de recherche Google trahissent un succès sans précédent de la nouvelle machine frappée de la Pomme. “Il s’agit d’un produit innovant dans une industrie généralement calme”, a indiqué Charles Smulders de Gartner Dataquest à nos confrères de USA Today. L’iMac se présente en fait comme la figure de proue de la relance du secteur informatique, dont on sent frémir une reprise. De quoi le transformer en blockbuster (un produit à succès) pour la firme de Cupertino, à condition que ses clients soient prêts à attendre… La nouvelle esthétique de la machine implique en effet une montée en charge de la production relativement lente. Apple a sagement lancé la commercialisation des modèles haut de gamme, moins demandé, pour absorber cette montée en puissance. La planification de la commercialisation du modèle le moins cher pour mars prend en compte la nécessité pour les usines de son sous-traitant de parvenir à un “régime de croisière” de production. Il s’agit d’un véritable challenge, car pour la première fois la Pomme à sous-traité la totalité de sa production d’iMac à Taiwan, auprès de Quanta (voir édition du 13 avril 2001). S’il s’agit pour une part d’une opportunité dite de désengagement industriel, à l’instar de ce que peuvent faire Dell, Compaq, IBM ou HP, il s’agit également d’un risque opérationnel, car Apple dépend d’un tiers pour la totalité de sa production sur cette machine qui autrefois était fabriquée en Europe, en Asie, au Mexique et en république Tchéque (voir édition du 16 novembre 2000) !

En faisant fabriquer désormais les 3/4 de ses machines à l’extérieur de ses murs (voir édition du 10 décembre 2001), Apple se considère désormais comme un concepteur de matériels, d’operating system, de logiciels et de services, avant d’être un constructeur. Le corollaire immédiat de cette stratégie repose sur la capacité de la firme à nouer des relations de travail resserrées avec son sous-traitant. L’enjeu : pouvoir répondre à la demande rapidement et fournir des machines répondant à des niveaux de qualité similaires à ce que ses utilisateurs attendent. Des exigences qui ne semblent pas avoir été atteintes pour le moment : les premiers Mac arrivés aux Etats-Unis auraient eu un firmware défaillant et sur certaines machines, le logo de la Pomme est positionné de manière aléatoire sur le dos de l’écran ! Heureusement pour Apple, les machines affectées, les plus chères, ne sortent qu’en petite quantité d’Asie du sud-est. Et gageons que la Pomme se chargera d’affiner rapidement le processus de production pour sortir le nouvel iMac en quantité. En attendant, ces ajustements ralentissent la montée en cadence des lignes de fabrication et risquent de repousser de près d’un mois l’arrivée des Mac d’entrée de gamme chez leurs destinataires. Un danger que la firme devra affronter à chaque nouveau lancement, tant que sa collaboration avec ses fournisseurs n’atteindra pas le stade de la symbiose.


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