La PS3 alourdit les pertes de Sony

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Accusant des pertes colossales, la division jeux vidéo de Sony reconnaît qu’il lui sera difficile de remonter la pente.

La division jeux vidéos de Sony a beaucoup de mal à contenir ses pertes face à une console PlayStation 3 (PS3) aux coûts de développement trop élevés. Le fait d’investir dans la recherche et le développement, de vendre à perte lors du lancement d’un nouveau produit , et de compenser le déficit par une augmentation du volume de ventes les années suivantes est une pratique somme toute courante chez les fabricants de produits électroniques grand public.

Mais l’importance des pertes liées à la PS3 et le temps qu’il faudra à Sony pour les résorber commencent à effrayer les analystes du secteur. Dans sa dernière déclaration à la Securities and Exchange Commission, Sony a reconnu qu’il lui faudrait un certain temps pour se relever de ses pertes.

Le Form 20-F, obligatoire pour les sociétés non-américaines détenues par des actionnaires américains, a révélé des pertes de 232,3 milliards de yens (1,37 milliard d’euros) à la fin de l’exercice au 31 mars 2007 (le premier exercice fiscal dans lequel apparaissent les chiffres de la PS3).

Les coûts de R&D pour la PS1 de 1996, relativement simple en comparaison, étaient estimés à près de 500 millions de dollars. Mais la PS3 était un projet nettement plus ambitieux. Selon des sources proches du fabricant, les coûts de fabrication de chaque console PS3 s’élevaient à 800 dollars lors de son lancement en 2006, sans parler des coûts de R&D se chiffrant à plusieurs milliards de dollars.

En optimisant son procédé de fabrication, Sony est parvenu à réduire ses coûts de production. Mais les pertes cumulées s’élevaient encore à 124,5 milliards de yens (736 millions d’euros) au 31 mars 2008, après plus de neuf millions de PS3 vendues.

La PS1 et la PS2 auront compensé leurs frais de R&D et leurs coûts de fabrication initiaux grâce à d’importants volumes de vente répartis sur une longue période.

Si ce modèle de développement est courant chez les fabricants de produits électroniques grand public, la PS3 est confrontée à un problème majeur, à savoir le fait que les cycles de produits deviennent de plus en plus courts face à la concurrence et à des clients toujours plus exigeants. Cela ne lui laisse que quelques années pour compenser les pertes de R&D par d’importants volumes de vente.

Le PDG de Sony, Howard Stringer, a déclaré la semaine dernière que Sony envisageait comme une priorité de ramener sa division jeux vidéos dans le vert. Sony va chercher à compenser ses pertes sur les ventes de consoles et de logiciels. Actuellement, la PS3 est vendue entre 390 et 440 euros, en fonction des jeux fournis avec la console.

Les jeux PS3 populaires sont vendus entre 37 et 50 euros, les moins populaires autour de 20 euros. Si l’on déduit la part des revendeurs et des distributeurs, Sony peut espérer réaliser une marge de 40 à 75% sur ces ventes. Avec de telles marges, la PS3 ne pourra jamais être aussi rentable que les précédents modèles de PlayStation.

Mais avec chaque console vendue, Sony fournit également des lecteurs Blu-ray qui lui permettent d’écouler des films Blu-ray moyennant des marges beaucoup plus confortables. Ainsi, si la division jeux vidéos accuse des pertes sur la PS3, les profits générés dans les autres secteurs de l’empire Sony peuvent équilibrer la balance.

Traduction de l’article PlayStation 3 costs Sony dear de Vnunet.com en date du 25 juin 2008.


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