La vidéo à la demande façon BitTorrent condamnée à échouer ?

Mobilité

BitTorrent Entertainement Network est lancé avec l’appui de plusieurs studios
d’Hollywood. Mais les premières critiques fusent déjà.

Après ses efforts menés pour se montrer sous une forme légale, BitTorrent Inc, fondée en 2004 par Bram Cohen et Ashwin Navin, passe à la phase de la commercialisation de sa plate-forme de distribution de fichiers de divertissement (musique, vidéo, jeux…).

Souvenez-vous : en novembre 2005, la société californienne, qui exploite le protocole BitTorrent pour partager les fichiers en tous genres, signe un accord avec la Motion Picture Association of America. Cette alliance avec le club des studios d’Hollywood a pour objectif de montrer patte blanche devant des producteurs qui perçoivent le P2P uniquement sous l’angle du piratage.

26 février 2007 : fort d’un réseau de 35 partenaires de contenus dont des grands studios de cinéma comme 20th Century Fox, Paramount Pictures, Warner Bros et plus récemment Metro Goldwin Mayer (MGM), BitTorrrent lance officiellement BitTorrent Entertainement Network (Ben).

Ce service de location de films d’un côté et de téléchargement définitif de programmes télévisés ou de musique de l’autre propose un catalogue de 5000 titres. Quelques titres alléchants sont sur la grille comme Mission Impossible III,Superman Returns, World Trade Center pour le cinéma et les séries 24 heures chrono ou Prison Break pour la télévisions. En l’état actuel, la présence des programmes haute définition reste timorée (“40 heures de programmation” peut-on lire sur le communiqué de presse).

“Why pay to play”

La grille tarifaire de Ben a été communiquée : comptez 3,99 dollars pour la location d’un nouveau films ciné et 2,99 dollars pour un long-métrage tiré du fonds de catalogue. Pour télécharger d’un programme télé, c’est un peu moins cher (1,99 dollars). Un service qui n’est disponible qu’aux Etats-Unis en l’état actuel. Certes, Ben vient affronter des services plus traditionnels de vidéo à la demande comme iTunes d’Apple, Amazon.com, CinemaNow ou Movielink. Mais il conserve son originalité : l’exploitation du protocole BitTorrent* dans un cadre légal.

Malgré le caractère novateur, des critiques non négligeables fusent sur le modèle économique. GigaOM, un des blogs high-tech les plus influents outre-Atlantique, estime que le service Ben est condamné à échouer pour plusieurs raisons. Notamment la mauvaise réputation de BitTorrent vis-à-vis des fournisseurs d’accès Internet, une appréhension difficile de l’interface pour l’internaute novice, les limites en termes de gestion des droits numériques (DRM) pour un service uniquement accessible sous Windows Media et surtout la cinglante réplique “Why pay to play”. Ou comment convaincre des jeunes internautes habitués au téléchargement gratuit à changer pour un modèle payant.

*Rappelons son grand principe : à la différence du P2P classique, l’utilisateur BitTorrent ne télécharge plus un fichier unique se trouvant sur l’ordinateur d’un autre utilisateur, mais sur celui d’une multitude d’utilisateurs simultanément. Tout en envoyant lui-même aux autres des morceaux du fichier qu’il est en train de télécharger. (source Internet Actu).


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