L’Apple Store peu adapté aux néophytes

Mobilité

Acheteur mystère épisode 2. A tout seigneur tout honneur, nous commençons notre banc d’essai des revendeurs Apple par le magasin en ligne de la Pomme. Bien sûr, il semble assez improbable que l’on s’y rende pour l’achat de son premier ordinateur. Qu’à cela ne tienne, cela nous servira de référence pour évaluer les échoppes ayant pignon sur rue.

Evidemment, pour se rendre sur l’Apple Store, le magasin en ligne d’Apple, il faut déjà avoir un ordinateur. Peu de chances donc d’y rencontrer un néophyte en informatique. Un déçu du monde PC peut-être… Il n’en reste pas moins que cette vitrine en ligne représente déjà 21 % du chiffre d’affaires de la Pomme. L’Apple Store a ceci de particulier qu’il oblige à une démarche curieuse de la part de l’acheteur : impossible d’y rester semi-passif, à l’écoute du discours d’un vendeur. Pour comprendre son achat, il est nécessaire d’aller à la pêche aux informations. Dans ce cas, le vendeur, c’est l’acheteur : ce sont ses choix de progression dans le site qui vont l’amener à réaliser l’acte d’achat. L’ergonomie et l’aménagement intelligent du site sont donc des critères d’importance.

Le magasin de vente en ligne d’Apple France est intitulé “Store”, même pour les français. La page d’accueil du magasin reprend bien la grille marketing d’Apple et son découpage en produits grand public, produits professionnels et depuis l’été, la tranche “branchés”, au milieu, avec un G4 Cube qui pourrait être rejoint par un homologue portable.

Difficile de choisir son iMac sans les conseils du vendeur

Le choix est simple pour notre acheteur mystère : la fourchette de prix retenue (voir notre édition d’hier) le jette directement dans la case iMac. Là, l’étape 1 de l’acte d’achat est cousue de fil blanc : “Faites votre choix (vous êtes sûr de gagner)”, clame la page ! Reste que pour un acheteur non informé, il faut savoir vers quoi s’orienter ! “Cliquez sur un parfum.” D’accord, mais quel est le parfum qui répondra aux attentes de notre acheteur ? L’indigo premier prix sera-t-il en mesure de permettre le montage vidéo ? Rien ne l’indique d’emblée : ce ne sont pas les noms barbares des différentes prises ou périphériques intégrés qui renseignent, et si les iMac “vidéo” sont bien siglés “DV”, rien n’indique ce que cela signifie ! Il faut suivre le lien, “Pour en savoir plus…” qui donne accès aux explications en ligne du site, ou télécharger la fiche produit.

Pour en savoir plus, une nouvelle fenêtre du butineur apparaît. Il suffira donc simplement de la refermer pour retourner aux étapes d’achat du magasin en ligne. Les explications en ligne sont réparties en 6 pages : une présentation générale permet de répondre immédiatement à la première question sur le choix à réaliser, dans la colonne d’introduction de la machine. Si les thématiques “Graphismes”, “Son”, “Logiciels” et “Sans fil” peuvent préciser les autres avantages de l’achat d’un iMac pour notre acheteur mystère, c’est le thème “Desktop movies” qui répond à ses attentes ! Encore un anglicisme qui milite pour l’élitisme de l’utilisateur Mac. Peut-être une mauvaise habitude à perdre ?

Des prix tantôt TTC, tantôt HT

Surprise : alors que les prix annoncés pour l’iMac à l’entrée du magasin en ligne sont en francs TTC, ils apparaissent en francs HT dès la première étape ! Quel intérêt pour le grand public ? Montrer que l’Etat renchérit les iMac d’au moins 1 200 francs ? Ou corser l’expérience d’achat ? La mention légale est bien indiquée en gras, en bas de page, mais les effets de la surprise sur la différence entre prix annoncé et prix facturé en bout de course restent à évaluer. Optons pour l’iMac DV, moins cher. Rien n’indique en effet que le DV+ (“+” pour sa capacité de stockage supérieure) améliorera sensiblement l’expérience de “Desktop Movie”. En avant pour un “Ruby” !

L’étape 2 permet de sélectionner la mémoire, de 64 à 256 Mo. Le texte de cette option est clair : les 256 Mo permettent “de réaliser des traitements complexes comme le montage vidéo ou la retouche d’image 3D”. Les capacités inférieures n’en faisant pas mention, il paraît recommandé d’opter pour cette capacité. L’étape 3 propose “Airport”. Mais le total est déjà de 10 318,66 francs HT. Nous sommes dans les limites de notre budget, puisque les 12 000 francs TTC ont été dépassés. Reste à s’inscrire pour obtenir un compte client, et payer. Le port de la commande est gratuit.

Un site pour les acheteurs expérimentés

Au total ? Le site d’Apple Store est assez facile à utiliser, malgré les quelques remarques déjà faites. Certaines traductions (de la version américaine du site) sont approximatives, mais la prise en main du client, étape par étape, et la possibilité d’accéder aux informations produits facilement rendent l’achat assez fluide. On s’aperçoit toutefois rapidement des limites du système : l’Apple Store n’est pas fait pour le néophyte : beaucoup de questions nécessitent de lire tous les textes, et le site n’oriente pas vraiment l’acheteur vers telle machine, plus adaptée à ses besoins que vers telle autre. Convenons toutefois qu’il est impératif de voir la machine en action. Selon Apple, une expérience sur place est nécessaire et le “réseau grand public” est le repère idéal de l’acheteur d’un premier ordinateur… C’est ce que nous verrons demain.

Pour en savoir plus :

L’AppleStore


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