Larousse officialise sa conquête du Web

Mobilité

L’éditeur français lance son encyclopédie contributive. Objectif : mieux cerner les attentes de ses lecteurs et identifier de nouveaux talents.

Tandis que Wikimedia Deutschland prépare une édition papier de ses “meilleurs” contenus en langue allemande, la – très attendue – encyclopédie en ligne de Larousse vient de faire officiellement ses premiers pas sur la Toile. En complément d’une “partie encyclopédique vérifiée”, définie comme son “métier de base”, Larousse invite désormais les “internautes contributeurs” à publier leurs propres contenus sur sa plateforme.

Cette déclinaison Web a plusieurs objectifs pour l’éditeur français, qui reconnaît que “son modèle économique n’est pas entièrement calé”. A l’occasion d’une conférence de presse organisée hier à Paris, Isabelle Jeuge-Maynart, PDG des Editions Larousse, a expliqué qu’elle entend utiliser Internet pour “identifier plus précisément les thèmes d’intérêt des lecteurs et clients” et “créer un certain nombre d’ouvrages bien plus adaptés à leur cible”.

Avant d’ajouter que son entreprise entend aussi “identifier les bonnes contributions” pour “proposer à certains contributeurs, et moyennant le versement de droits d’auteurs, de venir écrire des articles pour Larousse”.

Modération et identification des meilleures contributions

Pour ce qui est du contrôle des contenus auto-produits par les internautes, Larousse – à l’instar de Wikipedia avant lui – précise qu’il est ici “hébergeur et non éditeur”, ce qui signifie qu’il “n’a pas vocation à corriger les articles” même s’il “doit agir très rapidement à partir du moment où il est prévenu de l’existence d’un contenu litigieux”.

Pour parer aux éventuels dérapages, un système automatisé de détection des textes et images à risque – par mots-clés – a toutefois été mis en place. A noter également que Larousse a opté pour un modèle “contributif” et non “participatif”, ce qui signifie que chaque contribution est associée à un auteur et ne peut être modifiée que par cet auteur (qui doit au préalable signer une “charte du contributeur”).

Tributaire de la bonne foi des contributeurs

Reste que le PDG de Larousse reconnaît que son groupe est “tributaire de la bonne foi de chaque contributeur sur son profil”, qui ne peut être vérifié.

Reste aussi à voir si Larousse parviendra à rivaliser avec Wikipedia, qui revendique déjà près de 700 000 articles en français. Ou avec le nouveau projet Knol de Google (qui privilégie, comme Larousse, une “identification” des auteurs).

Pour le moment en tout cas, et contrairement à ce qui était attendu, le lancement a été salué par Wikimédia France, qui s’est réjoui dans un communiqué de l’avènement “d’un nouveau site d’accès à la connaissance, complémentaire de Wikipédia”. Pierre Beaudouin, président de Wikimédia France, s’est également rendu à la conférence de presse de lancement. Quant à savoir si un accord avec Wikipedia est envisageable, Isabelle Jeuge-Maynart signale qu’elle “ne se ferme à rien mais ne voit pas bien de quoi il pourrait s’agir aujourd’hui”.


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