L’ART annonce plus de 130 000 lignes dégroupées

Mobilité

Plus de 130 000 lignes sont tombées, partiellement ou intégralement, dans le giron des opérateurs alternatifs. Si le dégroupage se poursuit à rythme effréné, ce nouveau chiffre fourni par l’ART est encore loin d’inquiéter France Télécom et ses 30 millions de lignes téléphoniques.

L’Autorité de régulation des télécoms (ART) nous apprend que, au 1er octobre 2003, 128 355 lignes sont partiellement dégroupées (l’utilisateur conserve son abonnement chez France Télécom pour la téléphonie mais utilise un réseau concurrent pour l’acheminement des données par l’ADSL) et 3 374 le sont totalement (dans ces offres plutôt destinées aux entreprises, France Télécom ne gère plus la ligne). Soit un total de 131 729 lignes sorties, partiellement ou intégralement, du giron de l’opérateur historique.

Ce nouveau chiffre confirme le rythme effréné du dégroupage de la boucle locale. Depuis le 1er août 2003 (voir édition du 19 août 2003), le nombre de lignes désormais gérées par des opérateurs alternatifs a connu une progression de 58 %. Essentiellement assuré par Free (groupe Iliad) et LDCom (groupe Louis Dreyfus), le dégroupage à destination des offres ADSL grand public bénéficie de l’arrivée de nouveaux acteurs en 2003 tels Tele2 (voir édition du 14 mai 2003), Cario (voir édition du 24 septembre 2003) ou La Poste (voir édition du 19 février 2003). Le dégroupage est également fortement stimulé par des fournisseurs d’accès installés qui décident de basculer sur des offres dégroupées (notamment Club-Internet, voir édition du 24 juin 2003) tout en continuant à louer les services de France Télécom. Seul Tiscali, parmi les principaux FAI/opérateurs, fait l’impasse sur le dégroupage pour se concentrer sur l’option 3 (offre de revente en gros du trafic DSL par France Télécom).

Une réelle concurrence pour France Télécom

En toute logique, c’est donc l’ADSL qui tire le dégroupage. Les offres commerciales des opérateurs permettent ainsi aux FAI de proposer de nouvelles conditions commerciales réellement concurrentes à celles de France Télécom. Une politique tarifaire qui rejaillit sur les prix. Ainsi, dès 2002, Free a proposé le 512 Kbits/s à moins de 30 euros (voir édition du 19 septembre 2002). Depuis, la concurrence s’est organisée et, toujours en 512 Kbits/s, on trouve une offre à 27 euros chez 9Online/9Telecom (voire 23 euros avec la présélection téléphonique, voir édition du 20 août 2003) et même 25 euros chez Tele2 (voir édition du 2 septembre 2003). Si tous les acteurs n’ont pas les moyens de proposer des conditions aussi attractives, nombre d’entre eux (y compris les câblo-opérateurs) ont fait à la rentrée des efforts sur leurs tarifs ou leurs services (voir édition du 27 août 2003). Avec la démocratisation de l’Internet, ces nouvelles offres séduisent de plus en plus d’internautes. Avancée du dégroupage aidant, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à pouvoir bénéficier d’une offre dégroupée, même si l’opération reste transparente pour eux (du moins quand ils ne rencontrent pas de problèmes techniques). Bref, plus il y a d’accès dégroupés, plus les tarifs ont de chances d’être attractifs… La boucle est bouclée.

Faux départ

Pourtant, le dégroupage avait mal démarré. Imposée par l’Europe, l’ouverture à la concurrence de la boucle locale était entrée en vigueur au 1er janvier 2001. Si, dans les faits, le dégroupage a réellement démarré six mois plus tard, seules 0,1 % des lignes éligibles au haut débit étaient dégroupées début 2002 (voir édition du 29 mars 2002). Il aura fallu l’intervention de l’ART – qui a imposé à l’opérateur national des conditions tarifaires et techniques acceptables pour les concurrents – pour que le dégroupage passe à un rythme plus soutenu (voir édition du 3 juillet 2003). Aujourd’hui, les “dégroupeurs” reconnaissent que les relations avec France Télécom sur ce point se sont considérablement améliorées, voire normalisées, même s’ils reprochent souvent à l’opérateur historique de ne pas les traiter comme des clients en quête d’un service mais plutôt comme des concurrents. Malgré tout (notamment l’absence d’engagement de livraison de raccordement des lignes, voire des problèmes locaux propres à certains sites de France Télécom), le processus industriel mis en place permet aux opérateurs concurrents de pouvoir prendre des engagement de délais vis-à-vis de leur clients FAI. Des signes encourageants qui permettent à LDCom d’espérer couvrir, pour 2004, une centaine d’agglomérations en France. Le demi-million de lignes dégroupées sera alors en vue.


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