LDCom signe la convention sur le dégroupage

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L’opérateur LDCom a signé la semaine dernière la convention sur le dégroupage, après avoir dans un premier temps refusé de la ratifier. Pour lui, il s’agit plus d’empêcher France Télécom de s’accaparer le marché haut débit que d’une acceptation des conditions imposées par l’opérateur historique. D’ailleurs, LDCom n’exclut pas de porter ses revendications auprès de l’ART.

Et de six ! Après Colt, Siris, Kaptech, Easynet et FirstMark, l’opérateur LDCom décide finalement de signer la convention sur le dégroupage avec France Télécom. Après avoir dans un premier temps refusé de signer, tout comme Cegetel et 9Telecom, l’opérateur décide finalement de se lancer sur la voie du dégroupage total, à l’image de son concurrent sur la boucle locale radio (BLR), FirstMark. A ceci près que LDCom ne vend pas directement à des entreprises, mais s’adresse à d’autres fournisseurs ayant choisi de ne pas s’investir sur le marché du dégroupage.

Accord sous la contrainte

Cette décision n’est pas un renversement de position de la part de l’opérateur alternatif. L’opérateur déclare avoir signé sous la contrainte et les revendications relayées par l’Afors restent les mêmes. L’association des opérateurs alternatifs demande en effet à France Télécom les mêmes conditions économiques et opérationnelles que l’opérateur, à savoir des solutions pérennes, des tarifs réalistes, des procédures réellement opérationnelles et transparentes… Pour LDCom, il s’agit de constituer un dossier avec des preuves tangibles. Pour cela, il devait montrer clairement son intention de s’investir dans le dégroupage. L’opérateur n’exclut pas un arbitrage de la part de l’ART sur certains points précis. Le porte-parole de l’opérateur évoque à titre d’exemple un différend avec France Télécom autour des prix des filtres. Ces derniers, qui permettent de gérer le trafic sur une ligne entre la voix et les données, sont facturés 150 euros par France Télécom. LDCom estime que le prix à l’unité se situe entre 10 et 20 euros.

“C’est une bataille contre le temps, déclare le directeur général de LDCom au quotidien Les Echos, pendant que l’arrière-garde de l’opérateur historique retarde le processus, l’avant-garde engrange les clients ADSL”. France Telecom peut ainsi “reconstituer son monopole sur le haut débit”. Dans sa bataille contre France Télécom, LDCom vient de remporter une première manche. Alors qu’il avait signé le protocole d’accord qui préfigurait la convention de dégroupage établissant entre les deux parties les modalités d’accès à une cinquantaine de salles, France Télécom lui refusait l’accès au motif qu’il n’avait pas signé la convention avant la date butoir. Le tribunal de Paris a finalement donné raison à LDCom. Ainsi, l’offre dégroupée de LDCom sera opérationnelle d’ici la fin de l’année sur la région parisienne. L’opérateur ne compte pas en rester là et souhaite se battre aussi sur le prix de location de la ligne et sur les conditions techniques du dégroupage. Selon l’opérateur, les prix fixés aujourd’hui ne permettent pas de déployer une offre en province, car le prix d’accès à une salle est divisé par le nombre d’opérateurs présents.

Complémentarité des offres

LDCom compte dans un premier temps profiter de sa base clients pour commercialiser ses offres dégroupées. L’opérateur voit en effet dans ses nouvelles offres un complément de ses services. Déjà positionné sur le transport de flux sur de longues distances, l’opérateur estime que le dégroupage lui permet de proposer un prolongement de ses offres. C’est en capitalisant sur les services déjà proposés qu’il compte attirer les clients sur la boucle locale et venir ainsi concurrencer France Télécom. Par ailleurs, LDCom étend petit à petit ses offres de BLR, qui lui permettent de fournir une offre dégroupée dans les régions où il n’est pas encore présent avec l’ADSL. L’opérateur couvre pour le moment six villes dont Paris, Lyon, Strasbourg, Marseille, Bordeaux et Toulouse.


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