Le ‘.biz’, à quoi ça sert ?

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Un nouveau nom de domaine, c’est un événement, mais se féliciter de l’arrivée d’un “.biz” est une autre chose. Une rencontre avec des représentants de la société chargée d’administrer ce nouveau suffixe de noms de domaine ne nous a pas convaincus. NeuLevel peine à se départir d’un discours marketing et certaines questions restent sans réponse. Alors, le “.biz”, pour quoi faire ?

Mais à quoi peut bien servir le “.biz” ? La question peut paraître iconoclaste, pourtant, à entendre le discours souvent vague des représentants de Neulevel, la société chargée de gérer le fameux nouveau gTLD, on ne voit pas d’autre raison que le partage d’une énorme manne financière. Alors que la première phase d’enregistrement vient de commencer (voir édition du 4 juillet 2001), certaines pratiques peuvent paraître pour le moins biz… arres.

Ainsi en est-il de la possibilité de pré-enregistrer un domaine en “.biz” autant de fois que l’on veut. En cas de conflit, c’est-à-dire si plusieurs entreprises ayant la même raison sociale déposent le même nom, le suffixe sera attribué par tirage au sort, comme dans une vulgaire loterie. L’entreprise la plus riche aura donc largement plus de chance de gagner. Une procédure qualifiée de plus “juste” par Larry Vagnoni, directeur marketing de Neulevel et Jennie-Marie Idler, senior manager marketing que nous avons rencontré. Notamment pour éviter de reproduire les problèmes subi par le “.com”.

L’OMPI a bon dos

Afin de minimiser les conflits, Neulevel indique également que la période actuelle de pré-enregistrement permet aux entreprises d’entamer une procédure de déclaration de propriété intellectuelle pour protéger leur nom de manière plus efficace encore. Soit. Seulement, on s’aperçoit que, bien que le “.biz” soit normalement réservé aux entreprises, aucune pièce justificative d’une activité n’est requise, “les législations varient d’un pays à l’autre”, donne-t-on comme justification. On veut bien faire un effort pour éviter les conflits, mais pas trop quand même. Résultat, Neulevel voulant désespérément “rester un intermédiaire neutre”, c’est une fois de plus l’OMPI (Organisation mondiale pour la propriété intellectuelle) qui va devoir gérer les pots cassés. D’autant plus qu’à la fin de la période de pré-enregistrement, c’est-à-dire au 6 août, on reviendra à la bonne vieille méthode du premier arrivé, premier servi. Qui a dit que cette première phase ressemblait plutôt à une prise de bénéfices rapide ?…

On peut aussi regretter que ce soit le mois de juillet qui ait été retenu, alors même que l’activité est ralentie en Europe. N’est-ce pas un moyen de favoriser les entreprises américaines ? “Vous connaissez les Américains”, sourit Larry Vagnoni, “nous avons fait aussi vite que possible”. D’après lui, juillet reste tout de même une période d’activité suffisante et ce n’est pas cela qui va défavoriser les entreprises européennes. D’ailleurs, la France serait bien classée parmi les enregistreurs de “.biz”, “elle figure dans le top 6”, nous apprend Jennie-Marie Idler. Impossible de savoir combien de “.biz” seront activés début octobre, “le 25 juin on estimait à 2 millions le nombre de demandes d’enregistrement”, explique Larry Vagnoni.

“Les .com, .net et .org ne correspondent plus à rien”

Enfin, pour nous assurer que le monde entier attendait le “.biz” avec impatience, Larry Vagnoni nous explique : “Nous avons réalisé une enquête globale”, évoquant la période précédant la candidature de NeuLevel pour un nouveau gTLD. D’après lui, la demande est bien là et NeuLevel ambitionne de constituer avec le “.biz” un domaine “neutre et équitable” pour les commerces sur Internet, “avec des transactions sécurisées et sûres”. Ce n’est donc pas le cas aujourd’hui ? Et Jennie-Marie Idler d’ajouter : “les ‘.net’, ‘.org’ et ‘.com’ sont trustés par les Etats-Unis et ne correspondent plus à rien” (on a tendance à l’oublier mais le “.com” signifie “commerce”). Elle poursuit en assurant que le “.biz” est lui “destiné à l’économie mondiale” et qu’il sera une bonne solution pour rééquilibrer la donne. On attend de voir ça avec impatience…


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