Le calcul parallèle en vogue sur Mac

Mobilité

Clusters de G5, Xserve, Xgrid : Apple fait feu de tout bois en matière de calculs parallèles et distribués pour l’informatique de haute performance. Les scientifiques, la marine américaine et les universitaires sont preneurs.

Officieusement selon la BBC, Big Mac – le cluster de 1 100 G5 de l’université de Virginie (voir édition du 4 septembre 2003) également appelé Deep Thought – s’est propulsé, en termes de puissance, à la deuxième place du classement des 500 superordinateurs les plus puissants du monde. Avec 17,6 téraflops de capacité théorique, Big Mac arrive juste derrière le simulateur terrestre japonais de Yokohama (36 téraflops), mais comme prévu, devant le supercalculateur de Los Alamos. Les deux concurrents du cluster d’Apple font partie du classement arrêté l’année dernière. Le classement officiel des machines les plus puissantes de la planète pour 2003, lui, ne devrait pas être dévoilé avant le 18 novembre. Mais la preuve est déjà faite qu’il est possible de monter un superordinateur de toutes pièces grâce à des Mac. Surtout, le cluster de G5 s’avère moins cher que les solutions similaires sur PC et plus puissant que le cluster de 1 536 PC à base d’Intel Xeon à 2,4 GHz et fonctionnant sous Linux, installé au laboratoire Lawrence Livermore. Près de 50 % de puissance en plus ! Enfin, le cluster de Virginie démontre la capacité d’Apple de faire un système d’exploitation capable de réaliser des calculs haute performance : les 1 100 G5 devraient en effet fonctionner à partir de Panther, la nouvelle mouture de Mac OS qui sera commercialisée le 24 octobre, et Déjà Vu, logiciel développé à l’université de Virginie qui permet de faire travailler les machines en parallèle. Quant aux applications de ce cluster, elles sont multiples (voir édition du 5 septembre 2003).

Un excellent rapport performances/coût

Mais le plus impressionnant dans le cas du cluster de Virginia Tech est son rapport performances/coût : 295 000 dollars (252 000 euros) par téraflop. A comparer aux 8 millions de dollars (6,8 millions d’euros) par téraflop atteints par l’Earth Simulator japonais, ou aux 17 millions de dollars (14,5 millions d’euros) par téraflop obtenus par le laboratoire de Los Alamos ! Un différentiel vertigineux : ramenés au téraflop, les calculs coûtent entre 28 et 59 fois moins sur le cluster de G5 ! Et les probabilités pour qu’Apple enfonce le clou ne sont pas minces : selon Think Secret, la Pomme vient de dévoiler une page d’information sur l’utilisation de Xgrid, pour des “applications de calculs parallèles ou distribués à haute performance”. Difficile de savoir ce que recouvre cette appellation. Le terme était apparu sur le devant de la scène l’année dernière à la même époque, quand la compagnie avait déposé une demande de marque commerciale sur celui-ci. Le calcul à haute performance sur des machines fonctionnant en parallèle pourrait donc devenir un nouveau domaine de prédilection pour le Mac.

En France en 2003, près de 1 000 projets de cluster (de plus ou moins grande taille), devaient voir le jour, selon François Rondeau, responsable des ventes produits d’Apple France, que nous avions interrogé à ce sujet lors d’une présentation du Xserve (voir édition du 28 avril 2003). Ce produit marque d’ailleurs une montée en puissance de la firme sur les deux dernières années. Ce sont les administrations comme la NASA (voir édition du 19 novembre 2002) ou la marine américaine (voir édition du 2 octobre 2003), elles aussi dotées de clusters de Xserve, qui ont commencé à asseoir sa réputation dans le domaine. Les entreprises de recherche en biotechnologies, décodage du génome humain ou les laboratoires de calculs scientifiques louent également aujourd’hui le rapport performances/coût des solutions de calcul distribué d’Apple. Avec Xgrid, la firme continue de démontrer la différence, en termes de calculs scientifiques massifs, entre son architecture et celle des autres ordinateurs.


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