Le CNRS optimise les performances du Wi-Fi

Mobilité

Des chercheurs ont mis au point une méthode d’accès aux réseaux sans fil plus efficace que celle de la norme 802.11b.

Et si les performances du Wi-Fi pouvaient être optimisées ? Quatre chercheurs du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), convaincus de cette possibilité, ont élaboré une méthode alternative à celle préconisée par la norme 802.11b, permettant aux utilisateurs d’un réseau local sans fil de bénéficier de débits sensiblement supérieurs, dans de nombreux cas.

Baptisée “Idle Sense” (de l’anglais “idle”, qui signifie “inoccupé”), cette méthode se montre, de surcroît, d’autant plus efficace que le nombre d’ordinateurs connectés au réseau Wi-Fi est important. Dans le cas d’une connexion sans fil partagée entre 200 utilisateurs, elle assure ainsi des débits jusqu’à 64,3% supérieurs à ceux garantis par la norme 802.11b, selon les tests effectués par les chercheurs.

La gestion des collisions…

Autre avantage de la méthode du CNRS : elle ne pénalise pas les ordinateurs qui rencontrent des problèmes de connexion dus à une mauvaise réception du signal. En effet, la méthode classique ne fait pas de distinction entre les différents échecs de transmission. Elle les considère tous comme des collisions, lesquelles surviennent quand deux machines émettent au même instant des données sur le réseau, et sont d’autant plus nombreuses que le nombre d’utilisateurs connectés au réseau sans fil est important.

Or, en cas de collision, la norme 802.11b impose aux ordinateurs d’attendre un certain laps de temps avant de faire une nouvelle tentative d’émission, le temps d’attente étant choisi au hasard dans un intervalle prédéfini. Cet intervalle est, par ailleurs, doublé chaque fois que l’essai de transmission suivant se solde également par une collision, ce qui a pour effet d’augmenter considérablement les temps d’attente.

…contre la mesure des temps de silence

Idle Sense recommande plutôt aux ordinateurs d’ajuster leur temps d’attente entre deux tentatives d’émission, en fonction du temps moyen pendant lequel le réseau est resté innocupé, où le débit est maximal. Elle leur impose ainsi de mesurer ce temps dit “de silence”. Quand celui-ci est inférieur au temps d’attente, un nombre trop important d’utilisateurs essaient d’utiliser le réseau et les tentatives d’émission doivent être espacées. Et dans le cas contraire, elles peuvent être rapprochées.

Les chercheurs du CNRS suggèrent, enfin, d’appliquer un traitement spécial aux ordinateurs rencontrant des échecs de connexion dus à des interférences. Leur méthode permet d’adapter la vitesse de transmission des données à la force du signal.


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