L’e-commerce en attente du haut débit ?

Mobilité

Le haut débit devrait contribuer à l’essor du commerce électronique. Selon la dernière étude du Gartner Group, un foyer disposant d’une connexion Internet haut débit dépenserait 20 fois plus qu’un foyer avec une connexion classique.

Le haut débit devrait, selon le Gartner Group, favoriser de manière significative l’essor du commerce électronique. Le cabinet d’étude estime ainsi qu’un foyer ayant une connexion haut débit dépensera 20 fois plus en 2006 qu’un foyer ne disposant que d’une connexion classique. Pour Bruneau Barandas, responsable marketing d’Havas Interactive, ce n’est pas tant l’aspect haut débit qui permettra d’acheter plus, mais l’aspect forfaitaire lié au haut débit. En effet, dans une connexion classique, les coûts sont calculés dans la majorité des cas à la minute, alors qu’une connexion haut débit est toujours proposée sous forme d’un forfait illimité entraînant ainsi une baisse de la facture totale. “Aujourd’hui, l’internaute reste en moyenne 5 minutes sur un site d’e-commerce. Avec une connexion haut débit, le temps devrait être multiplié par deux. Et il est logique d’imaginer que l’internaute pourra ainsi dépenser plus s’il passe plus de temps sur le site”, explique le responsable marketing d’Havas Interactive.

Pierre Bourriez, PDG de Houra, voit déjà une nette différence entre les acheteurs selon qu’ils possèdent ou non une connexion rapide. “On voit déjà aujourd’hui que les internautes ayant une connexion haut débit achètent plus que les internautes possédant une ligne classique.” Et d’ajouter que les professionnels de sites d’e-commerce tablent tous sur la rapidité des achats effectués en ligne. Un slogan qui ne peut aller de paire qu’avec une ligne haut débit.

Mais surtout, le haut débit pourrait permettre aux sites d’e-commerce de présenter leurs produits avec beaucoup plus d’apparat, attirant de ce fait le chaland. Pierre Bourriez explique qu’aujourd’hui, les sites sont conçus de façon “light” pour que l’accès se fasse le plus rapidement possible. Concrètement, avec le haut débit, il envisage – pourquoi pas – de mettre un peu de musique comme dans les vrais supermarchés, de mettre plus de photos, de textes, d’améliorer la page d’accueil… Bref de rendre le site plus agréable. Même écho de la part d’Havas Interactive qui estime que le haut débit pourra faire entrer le Rich Media au sein des sites de commerce électronique. “On peut alors envisager du streaming, et faire pourquoi pas une sorte de téléboutique à la Pierre Bellemare”, se plait à expliquer Bruneau Barandas, tout en ajoutant que dès lors, la conception du commerce électronique évoluera. “Le téléchargement prendra ainsi beaucoup de place. Les CD ou CD-Rom ne seront plus achetés en magasins mais téléchargés”, affirme-t-il. Havas vient d’ailleurs d’ouvrir un site de téléchargement de livres sur Internet. Les livres pourront ainsi être téléchargés directement à partir du site epocket sur différentes plates-formes électroniques, comme des PC ou des assistants numériques personnels.

Toutefois, le développement du commerce électronique ne pourra se faire sans régler le problème de la sécurité. Paranoïa, affirment en choeur Havas et Houra. Selon eux, payer sur Internet est absolument moins risqué que de payer par carte bleue dans un magasin classique. “La fraude est bien plus facile a effectuer pour un commerçant dit classique que sur Internet lorsque le site à une solution SSL. Et tous les sites sérieux en ont une”, juge Bruneau Barandas. Et Pierre Bourriez de compléter : “Les solutions de paiement du style Cyber-Comm (voir édition du 12 avril 2000) ne résolvent rien. Internet est sûr. Et lorsqu’il advient qu’un client déclare un débit ne lui appartenant pas, il est remboursé par la banque.” Les milliers d’internautes s’étant déjà fait subtiliser leur numéro de carte directement sur le serveur d’un marchand apprécieront…

Enfin, selon eux, il faut laisser un peu plus de temps au commerce électronique pour se développer de lui-même. Réagissant sur les derniers chiffres du Credoc (voir édition du 13 octobre 2000) estimant à 800 000 le nombre de cyberconsommateurs français pour l’année 1999, Pierre Bourriez juge le chiffre très important. Lui-même dépasse de 20 % ses prévisions sur le nombre de clients.

Le haut débit devrait connaître une montée en puissance en France prochainement. En effet, le dégroupage devrait permettre des offres à moins de 300 francs par mois.

Pour en savoir plus :

* Houra

* Havas Interactive


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