Le ‘coup de gueule’ de l’AFA aura des suites

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France Télécom n’a pas souhaité réagir au communiqué de l’Association des fournisseurs d’accès Internet (Afa) remettant en question l’arrivée des forfaits Internet illimité. Pour sa part, l’ART cherche à calmer le jeu tout en précisant qu’elle “s’exprimera sur le sujet dans les prochains jours”. Quant à l’Adim, membre du groupe de travail sur le sujet, elle abonde dans le sens de l’Afa.

Pas tendre, le communiqué de l’Association des fournisseurs d’accès et de services Internet (Afa) ! Ses membres tirent la sonnette d’alarme 2001 (voir édition du 17 mai 2001) en prévenant que l’offre actuelle de France Télécom et l’état d’avancement du dossier ne permettront pas l’arrivée de forfaits Internet illimités à 180 francs à la rentrée, comme cela avait été annoncé par l’ART en avril dernier. France Télécom, pourtant largement mis en cause, n’a pas daigné s’exprimer sur le sujet. Au centre des reproches formulés par l’Afa : le fait que le tarif de l’offre régionale n’ait toujours pas été dévoilé comme prévu. “France Télécom aurait dû présenter son offre au niveau des PRO [les commutateurs régionaux, Ndlr] confirme Benoît Tabaka, président de l’Association des internautes médiateurs (Adim) qui siège aux côtés de l’Afa à la commission mise en place par l’Autorité de régulation des télécoms (ART) sur le sujet : l’interconnexion forfaitaire. “Nous n’avons eu que des détails techniques”, regrette-t-il en ajoutant : “La dernière réunion du groupe de travail a démoralisé tout le monde : quand l’ART a demandé combien cela allait coûter, France Télécom a répondu qu’ils n’avaient pas de chiffres à nous communiquer.” Dans la presse, le tarif avancé est de 300 000 francs par an. Benoît Tabaka pense qu’il s’agit effectivement de celui prévu par France Télécom et le juge “totalement hallucinant”.

180 francs ? C’est trop cher !“On a l’impression que le forfait est mort-né”, poursuit le président de l’Adim, appuyant l’avis de l’Afa qu’il partage en grande partie. “C’est rageant, cela fait neuf mois que l’on fait des réunions”, regrette-t-il, “on sent que les opérateurs sont découragés.” D’après Benoît Tabaka, les FAI qui facturent leurs abonnés utilisent un type de numéro qui ne peut bénéficier du forfait. “Toutes leurs machines doivent être modifiées et pour des machines spécifiques, il faut compter six mois de délais pour les installer”, estime-t-il. En cause : les lourdeurs administratives imposées par France Télécom. Lui non plus ne croit pas à un forfait à 180 francs, il considère que “cela reste cher”, jugeant qu’“entre 100 et 150 francs (le prix en Grande-Bretagne), ce serait l’idéal.” Finalement, pour Benoît Tabaka “la balle est dans le camp des politiques.” Ce sont eux qui étaient intervenus au départ, poussés par un lobbying auquel AOL a largement contribué.

Des tarifs forcément provisoires…

Du côté de l’Autorité de régulation des télécoms (ART), on reste très prudent. Pourquoi ne connaît-on toujours pas les tarifs pour l’offre régionale ? “France Télécom nous a transmis les éléments dans les jours précédant le communiqué sur l’offre à 180 francs”, justifie un porte-parole. “L’examen est en cours, nous sommes proches de l’annonce d’un prix”, rassure-t-il. Quant à une réaction sur le communiqué de l’Afa et la non-arrivée en septembre des forfaits illimités, elle semble prématurée : “l’ART s’exprimera sur le sujet dans les prochains jours”, assure-t-on. “L’ART ne peut imposer à France Télécom de proposer une nouvelle offre”, fait remarquer Benoît Tabaka qui glisse : “De toute façon, les tarifs de FT ne sont valables que jusqu’à décembre et seront alors susceptibles d’être modifiés…”


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