Le G4 à 867 MHz plus rapide que le Pentium à 1,7 GHz

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Ta, ta, ta, ne dites pas non ! Pour vous, un mégahertz est un mégahertz ! Comme un gigahertz est d’ailleurs supérieur à tout mégahertz. Mais pour Apple, 1=2. Vous n’avez jamais compris pourquoi. Demandez donc à Jonathan Rubinstein, le VP matériel d’Apple. Jon pour les intimes.

Une fois encore, l’état-major d’Apple s’est ingénié à nous démontrer qu’il n’y avait pas de rapport direct entre puissance et nombre de mégahertz. Le matériel ? Mêmes caractéristiques des deux côtés. Chacun des processeurs avec seulement ses propres armes. A gauche, le G4 à 867 MHz. A droite le Pentium 4 à 1,7 GHz. Cette fois, les benchmarks entre les deux mondes se passent sur Media Cleaner 5, une application présente sur les deux plates-formes et qui se charge de réaliser du codage/décodage de films. “Nos clients font cela tous les jours. Et parfois plusieurs fois par jour. Vous allez comprendre que la vitesse n’est pas grand-chose face à la puissance.” D’accord, Steve, on la connaît ta rengaine. Mais là, quand même, 1,7 GHz ! Et hop ! Le film Spiderman à encoder. Ça tombe bien, l’homme-araignée est de New York. La bande-annonce est déjà sur le site d’Apple. Une fois encore, un Mac et un PC se prêtent au petit jeu. Résultat des courses sans appel : le Mac à 867 MHz est presque deux fois plus rapide que le P4 à 1,7 GHz.

“On a là un exemple du mythe du mégahertz”, vient expliquer doctement Jon Rubinstein, le responsable du matériel chez Apple, sur l’immense scène du Jacob K. Javits Center. “Mégahertz n’est pas égal à performance.” Et ce spécialiste des supercalculs et des architectures systèmes de venir vous démontrer toute l’absurdité de la recherche du méhgahertz à tout prix ! Pour réaliser un processeur, il faut faire des concessions, atteindre un équilibre qui se veut parfait (voir notre dossier Risc/Cisc du 6 novembre 2000). On peut jouer sur beaucoup de paramètres. La fréquence d’un processeur n’est qu’un des éléments. Il y a aussi les pipelines, le nombre d’unités fonctionnelles, la conception de la mémoire cache. “Le G4 dispose d’un pipeline en sept étapes, quand le Pentium en à vingt. Remarquez que l’Itanium, la prochaine génération de processeurs d’Intel, revient à dix, et que le Sparc de Sun n’en dispose que de quatorze. A part cela, pour une technologie de gravure similaire, le G4 est deux fois plus petit que le P4.”Le secret du G4

Le secret de la rapidité de traitement du G4 réside dans la longueur du pipeline : le plus court possible et une mémoire cache rapide. Enfin, le maximum de données recyclées le plus près possible du processeur pour éviter d’avoir à aller les chercher trop loin, en mémoire vive comme le fait très souvent le processeur d’Intel. Conséquence ? La puce utilisée par Apple est moins rapide, mais beaucoup plus efficace. Elle n’utilise pas la voie la plus rapide, mais la plus courte. Théoriquement 2,85 fois plus courte que sur un P4 à même vitesse d’horloge. Du coup, les données déboulent à pleine vitesse et si une erreur se présente, elle peut être réparée beaucoup plus vite. La marge de vitesse du G4 est donc encore supérieure, puisque le Pentium ne tourne “qu’à” 1,7 GHz. Mais la théorie a aussi ses limites, car les données ne parcourent jamais régulièrement les pipelines des processeurs et provoquent des goulets d’étranglement que la vitesse d’un processeur ne règle pas, surtout s’il utilise la voie la plus longue, en vingt étapes. Ceci explique cela : un G4 à 867 MHz est au moins aussi rapide sur certains traitements que la puce d’Intel à 1,7 GHz. Voire plus rapide. “J’espère que vous ne vous laissez pas embobiner par le mythe du mégahertz”, conclut Jon Rubinstein, qui donne l’impression de n’avoir plus qu’à abandonner sa blouse d’instituteur pour retourner dans son laboratoire poursuivre son élevage de puces. Revenez quand vous voudrez, on en apprend des choses avec vous, Jon !


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