Le G4 joue avec les résultats d’Apple ?

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Une brusque chute des ventes de Power Mac d’une année sur l’autre affecte les performances de la société. Le chiffre d’affaires n’en est toutefois que partiellement touché, tandis que la marge brute de la compagnie est sauvée par les logiciels et les PowerBook.

Un résultat d’équilibriste. Voilà comment on peut qualifier aujourd’hui les performances financières du constructeur du Macintosh, à l’issue de son deuxième trimestre fiscal, clôturé fin mars 2003. La société termine avec un bénéfice de 14 millions de dollars (13 millions d’euros) à comparer avec les 40 millions de dollars (35 millions d’euros en 2002) en 2002 à la même époque. Le chiffre d’affaires du trimestre – 1 475 milliards de dollars – n’est que très légèrement en baisse (1 %) par rapport à celui de l’année dernière, avec 1 495 milliards de dollars. Le fait que la firme ne connaisse pas un résultat plus difficile est assez surprenant : ses ventes d’iMac, d’iBook et de Power Mac sont en baisse importante et le PowerBook 17 pouces a connu un sérieux retard dans sa mise sur le marché. Fin mars, ce ne sont que 14 000 unités qui ont pu être distribuées par le constructeur. L’iPod voit ses ventes divisées par trois par rapport au trimestre précédent (il s’en était écoulé près de 210 000 pour noël !). Et près de 50 % de ces ventes restent toujours destinées aux possesseurs de PC. C’est principalement les ventes à l’international (près de 46 % des revenus d’Apple) le segment des portables et la gestion des opérations qui ont soutenu ces bénéfices.

La gestion des stocks reste tirée au cordeau (quatre semaines et demi), la marge brute est en augmentation à 28,3 % en raison des marges substantielles tirées des portables et des logiciels commercialisés sur le trimestre par la firme, et le trésor de guerre passe à 4,5 milliards de dollars (4,15 milliards d’euros). “Nous sommes heureux d’être parvenus à nos objectifs de chiffre d’affaires, malgré un environnement économique particulièrement imprévisible et stimulant”, a précisé impassible Fred Anderson (voir édition du 29 août 2000) lors de présentation des résultats ce mercredi. Les véritables bouées de sauvetage du trimestre sont donc probablement les activités portables et logicielles de la firme. Encore faut-il plutôt se tourner essentiellement vers la gamme des PowerBook (voir édition du 9 janvier 2003). Comme prévu, le plus petit portables d’Apple a atteint d’excellents scores, représentant à lui seul environs 50 % des ventes de PowerBook. Son impact sur les ventes d’iBook s’est bien fait sentir : le petit portable grand public voit ses ventes reculer sensiblement. Une mise à jour ne devrait plus tarder pour tenter de contenir cette cannibalisation par le haut. Le TiBook, bien que supposé en fin de vie, se distribue encore à près de 70 000 exemplaires. La marge tirée par la firme sur ces produits est estimée par les observateurs à près de 45 % sur les modèles haut de gamme.

Une puissance de calcul insuffisante

A y regarder toutefois de plus près, l’optimisme de façade cache un problème structurel : la locomotive de l’entreprise, le Power Mac G4 (voir édition du 29 janvier 2003), la station de travail des professionnels, a connu une chute brutale de ses ventes à 156 000 pièces livrées, contre 211 000 l’année précédente et 262 000 en 2001 ! Une érosion qu’Apple n’est pas parvenue à juguler pour le moment et que le directeur financier attribue à plusieurs facteurs. L’environnement économique d’une part, le cycle de renouvellement des machines tournant autour de 2 à 3 ans d’autre part et l’absence de XPress pour Mac OS X, que Fred Anderson n’hésite pas à pointer du doigt une fois de plus. Mais l’argument semble de plus en plus éventé : le directeur financier a avoué à demi-mot au cours de la séance de questions-réponses avec les analystes financiers, qu’une demande réprimée de Power Mac existait, et a accordé que les questions liées aux performances des machines pouvaient être également un problème. En fait, des processeurs utilisés par la firme, le G3 et le G4, le premier est véritablement en fin de vie et même sur les modèles les plus véloces utilisés dans l’iBook, sa puissance de calcul n’apparaît plus suffisante sur les applications audiovisuelles pourtant mises en avant par Apple. Quant au G4, s’il se présente comme un excellent processeur pour portable (voir le succès des PowerBook) ou pour machines grand public (malgré une érosion des ventes de l’iMac), il apparaît de plus en plus comme dépassé sur les machines professionnelles de bureau. Les comparatifs entre Mac et PC ne laissent pas de démontrer un différentiel de plus en plus important. Du coup, la sortie retardée du dernier Pentium 4 d’Intel, taillé pour le multimédia, se présente presque comme une aubaine pour Apple, lui laissant quelques semaines pour préparer une contre-offensive.


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