Le Gigabit Ethernet avance malgré ses limites

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Normalisé depuis quelques mois, le Gigabit Ethernet fait ses premiers pas dans les réseaux. Si plusieurs entreprises évaluent encore la pertinence de cette technologie pour leur backbone, beaucoup d’autres ont déjà franchi le pas.

Quelques mois après la normalisation du Gigabit Ethernet, les appréciations des responsables réseaux convergent sur au moins un point : c’est la solution qui s’impose naturellement pour faire évoluer vers les hauts débits et dans la continuité une infrastructure Ethernet 10/100 Mbits/s, le plus souvent un backbone limité à un immeuble (voir info suivante). Dans ce cas de figure, l’alternative ATM est souvent jugée coûteuse en formation et en matériel et ne se pose vraiment que pour les distances caractéristiques des réseaux métropolitains (MAN) ou pour des applications nécessitant un débit constant, comme la vidéo de qualité.

Avec la baisse des prix, l’option Gigabit est devenue attractive pour faire face aux besoins croissants de bande passante sur le réseau local. “Les adaptateurs Gigabit n’étaient pas beaucoup plus chers que les 100 Mbits/s. Nous les avons adoptés pour relier les commutateurs Nortel 10/100 qui fédèrent le trafic IP et qui ont remplacé nos concentrateurs”, remarque Alain Créachcadec, responsable réseau à la caisse Charente-Périgord du Crédit Agricole.

Cette adaptation au backbone haut débit est également soulignée par Ernesto Corvalan, en charge du réseau à la banque d’investissement CPR. “Nos 240 postes ainsi que les locaux techniques sont organisés en étoile autour d’un SmartSwitch Router de Cabletron. La technologie intègre des mécanismes de contrôle de flux. Elle convient aussi mieux à notre application de diffusion des cours de la Bourse en temps réel. Notre ancien réseau ATM peinait pour émuler les broadcast Ethernet en mode non connecté. Pour le LAN, l’Ethernet de bout en bout est deux à trois fois moins cher que l’ATM et mieux adapté pour relier des commutateurs, à moins d’avoir des applications multimédias.”

Par rapport à l’ATM, le Gigabit est jugé plus accessible pour faire évoluer un anneau FDDI. “Avec nos matériels Ethernet, il n’y aura pas de problèmes techniques nouveaux, c’est dans la continuité et dans nos compétences”, explique M. Lamballais, responsable réseau à l’IRISA, à Rennes. Si le Gigabit reprend l’existant, il garde cependant les limitations de l’Ethernet. Pas de qualité de service, pas de redondance standard. Concernant la qualité de service, les gestionnaires de réseaux qui optent pour le Gigabit n’en font pas une priorité. “Nous allons simplement dimensionner largement la bande passante pour ne pas nous préoccuper de mettre en oeuvre des mécanismes de qualité de service”, affirme M. Lamballais.

Une démarche que d’autres ont également adoptée. Pour la redondance, l’absence de normalisation impose des solutions avec des liens doublés inutilisés. Ernesto Corvalan a préféré utiliser, pour le réseau de la CPR, les mécanismes standard de “spanning-tree” (inscrits dans la norme IEEE 802), plus lents lors du basculement que la solution Cabletron (30 secondes au lieu de 2), mais moins chers. Cette disparité des techniques pour l’agrégation de liens gêne aussi la réalisation de serveurs reliés au commutateur à 1 Gbps.

Les utilisateurs ont du mal à atteindre les 300 Mbps sur des configurations biprocesseurs. Une limite qui ne tient pas à la technologie Gigabit Ethernet, mais au bus des machines. Il n’en reste pas moins que certains serveurs de sauvegarde, sur lesquels les hauts débits sont de mise, doivent encore recourir à des expédients pour tirer pleinement parti du réseau.


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