Le Lépine récompense un PC Linux pour personnes âgées

Mobilité

Destiné au troisième âge, Magui est un ordinateur du troisième type. Il s’utilise sans clavier ni souris, mais se commande grâce à un écran tactile.

Les temps changent… Pour la première fois, le concours Lépine, qui récompense depuis 1901 les meilleures inventions françaises, a été décerné à un ordinateur. Dimanche dernier, dans le cadre de la Foire de Paris, le premier prix du concours Lépine (dit Prix du Président de la République : un vase de Sèvre numéroté) a été attribué à Magui : cet ordinateur simplifié destiné aux personnes âgées, a été mis au point par Fabrice Guibaud, 25 ans en juin prochain et diplômé de l’IUP “Métier de l’information et de communication” de l’IUT de Nîmes. L’Incubateur Technologique de l’Ecole des Mines d’Alès, de mi 2005 à mi 2007, puis le Centre Européen d’Entreprise et d’Innovation de Nîmes lui ont apporté leur soutien.

Magui se compose d’un ordinateur monobloc, dont l’informatique est intégrée à l’écran, comme certains iMac ou comme le Dell One. “Notre machine fonctionne sous Linux, et plus précisément sous une version largement modifiée de celle distribuée par le français Mandriva, détaille Fabrice Guibaud.

Interface pensée pour les personnes âgées

Mais la vraie originalité de l’appareil réside dans son interface. Tout a été simplifié pour rendre l’engin utilisable par le troisième âge. “Des membres de ma famille travaillaient dans des maison de retraite au contact avec les personnes âgées et en discutant avec eux, j’ai compris qu’il y avait un manque de communication et d’animation dans ces lieux”, poursuit Fabrice Guibaud.

Magui a été créé pour combler ce vide. Ni clavier, ni souris : toutes les commandes se font par l’intermédiaire de l’écran tactile, où d’immenses icones apparaissent (la commande par la voix, un temps envisagée, a été abandonnée car trop aléatoire chez les seniors : leurs intonations de voix varient beaucoup… ).

L’utilisateur n’a plus qu’à les effleurer pour accéder aux services proposés : visioconférence (Magui est doté d’une webcam), messageries, photos, jeux, consultation du programme de la maison de retraite… Là encore l’ergonomie a été repensée en fonction des besoins de la clientèle visée. Pas besoin de chausser ses lunettes pour lire ses e-mails : ils sont présentés en très gros caractère et, pour les malentendants, un logiciel de synthèse vocal les lit à haute et intelligible voix (les haut-parleurs sont également intégrés à la machine). Les photos réceptionnées sont présentées sous forme de diaporama. Et les jeux sont proposés sous un format collectif.

De 3 à 10 000 euros par an

En fonction du nombre de postes installés, le système (qui comprend également un serveur extérieur de service et de sauvegarde sous Linux) revient entre 3 000 et 10 000 euros par écran. Une “petite dizaine” de ces ordinateurs fonctionnerait déjà depuis mi 2007 dans autant de maisons de retraite. La commercialisation de Magui auprès des maisons de retraire est assurée par une société nîmoise, Simplistay, fondée par Fabrice Guibaud et son associé Jérémy Marron (qui ont apporté à eux deux les 23 500 euros du capital).

La fabrication aurait été confiée à une entreprise française, dont le nom n’a pas été révélé. Mais le Lépine va peut-être bouleversé le business plan de Simplistay. “Ce prix a d’un coup et considérablement accru notre notoriété : à tel point que nous pouvons désormais envisager de commercialiser Magui directement auprès du grand public”, estime Fabrice Guibaud.


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