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Actualité

telegrammes jour 18

Le libre au service de la sonde lunaire Smart-1

Une jeune pousse parisienne a contribué à l’élaboration d’une solution de
modélisation 3D pour le compte de l’Agence spatiale européenne.

Lancée en septembre 2003 par une fusée Ariane 5, la sonde européenne Smart-1 (pour Small Missions for Advanced Research in Technology) a finalement heurté le sol lunaire à une vitesse de 7 200 kilomètres/heure le dimanche 3 septembre 2006.

Initiée par l’Agence spatiale européenne (Esa ou European Space Agency), cette épopée au bouquet final explosif aura permis d’étudier la topologie de la Lune durant près d’un an et demi, ses observations scientifiques ayant débuté en mars 2005. Elle aura également aidé l’agence à tester un nouveau système de propulsion ionique ou solaire-électrique. Concrètement, cela signifie que l’Esa a utilisé des panneaux solaires de nouvelle génération pour produire le courant électrique nécessaire au moteur de la sonde.


Dans le même temps, un logiciel libre permettait de simuler les interactions entre la sonde spatiale et l’environnement spatial avoisinant. Objectifs : évaluer les risques de charge électrique et l’impact de ces interactions sur certains instruments scientifiques embarqués par Smart-1. C’est ici qu’intervient la jeune pousse française Artenum. « Nous avons juste participé au développement du logiciel Spis, en coopération avec l’Office national d’études et de recherches aérospatiales [ou Onera]« , confie modestement Julien Forest, l’un des fondateurs de la société. Il ajoute que « la réussite de ce projet revient à l’Esa », le commanditaire du projet.

Créée en 2001 par des spécialistes de la simulation et du calcul numérique issus de l’université Paris 7, cette jeune pousse parisienne de quatre salariés a co-développé avec l’Onera une solution open source de modélisation 3D, pour le compte de l’Esa. Dans le cadre d’une communauté baptisée Spine (Spacecraft Plasma Interactions Network in Europe), les trois structures ont participé à la mise au point du logiciel Spis ou Spacecraft Plasma Interaction System.

Au total, la communauté regroupe environ 120 membres, dont une vingtaine d’instituts européens, comme l’IRF (Institut spatiale suèdois) et le Cnes français (Centre national d’études spatiales). Fruit de cette alliance, le logiciel Spis a « apporté des réponses sur l’environnement électrostatique de la sonde et dans le domaine scientifique, notamment pour la calibration d’instruments par simulation », explique Julien Forest.

Artenum s’est particulièrement investi dans le développement de la brique EMI (environnement intégré de modélisation), qui permet de mettre en place et de suivre les différentes étapes de la modélisation, de la conception assistée par ordinateur au traitement des données.

Déclinaisons attendues?

L’open source pourrait permettre à cette application de connaître une seconde vie dans des domaines différents. « Le module de visualisation 3D de Spis s’appelle désormais Cassandra. Il est accessible à l’ensemble de la communauté et a déjà été utilisé, à titre expérimental, pour d’autres applications dans l’énergie et le domaine médicale » , explique Julien Forest.

« Par exemple. Spis-UI [environnement intégré de modélisation multi-physique] est également actuellement en cours de déclinaison vers une version générique, qui se rapprochera peut-être du future Scilab-5″, poursuit le représentant d’Artenum. Scilab-5 est le nom d’un environnement libre de calcul numérique soutenu par l’Inria et de gros groupes industriels.

Les deux solutions s’inscrivent déjà aussi dans un autre projet de plate-forme open source de développement de systèmes complexes, Scos, qui a lui été initialisé par Oxalya, un spécialiste du calcul haute performance.

Hébergement de projets communautaires

Artenum n’en est pas à son coup d’essai. Après avoir bénéficié d’un financement de l’Oseo-Anvar à ses débuts, la petite entreprise a mis au point, en collaboration avec l’Inria (Institut national de recherche en informatique), une « plate-forme collaborative de seconde génération dédiée au développement logiciel et à l’hébergement de communautés ».

Outre ses activités dans le domaine de la recherche scientifique, la société entend aujourd’hui capitaliser sur sa capacité à héberger des projets collaboratifs. Depuis le début du mois d’août 2006, elle propose aux industriels une plate-forme en Java d’hébergement de projets collaboratifs (LibreSource Express), pour la somme de 29,90 euros hors taxes par mois et sans engagement de durée.

Il s’agit en quelque sorte d’un équivalent français de Sourceforge mais hébergé dans les centres de données d’Artenum. Il se distingue par une dimension collaborative supplémentaire et des fonctionnalités plus adaptées aux projets sensibles. Entre autres, « LibreSource introduit des règles d’accès pour créer des parties publiques et des espaces privés », conclut Julien Forest.

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