Le Mac améliore ses performances graphiques

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En adoptant des cartes graphiques puissantes sur ses machines haut de gamme, Apple montre sa volonté de rattraper son retard dans le domaine. La présence de la nouvelle GeForce 4 de nVidia en est le symbole principal. Et les prochaines améliorations matérielles autour du G5 devraient confirmer la tendance.

Le dernier modèle de Power Mac est équipé de deux cartes graphiques des plus récentes, issues des deux fondeurs utilisés par Apple. L’ATI Radeon 7500 qui équipe l’entrée de gamme constitue le dernier développement de la firme sur cette gamme pour Mac. Dotée de 32 Mo de DDR SDRam, elle supporte les écrans numériques et analogiques et traite 1,6 milliard de texels (pixels texturés) par seconde ! Plus que la carte installée en standard sur le haut de gamme de la Pomme, mais limitée par sa mémoire vive moins importante. Une version à 64 Mo existe pourtant pour PC? Sur le haut de gamme, même politique : c’est une carte qui doit sortir le 6 février 2002 qui a été installée, la nVidia GeForce 4 MX. Ce n’est pas la première fois qu’une carte nVidia non encore commercialisée est d’abord intégrée dans un Mac (voir édition du 23 février 2001). L’année dernière, la nVidia GeForce 3 avait été annoncée par Jobs dans des conditions similaires, mais nVidia n’avait pas été en mesure de garantir la promesse du patron d’Apple. Cette année, le mal est réparé. Sur certains sites d’aficionados du PC, cette préférence pour Apple est mal vécue et les réflexions douces-amères ne manquent pas. Le choix de nVidia de présenter sa nouvelle carte n’est pas innocent : le couple PowerPC G4 et puce graphique s’avère un duo gagnant. Les premières évaluations lâchées par Apple donnent des résultats approchant ceux des PC. Mais il faudra attendre les chiffres officiels qui ne manqueront pas d’apparaître à la commercialisation de la nouvelle nVidia pour se faire une idée plus juste du différentiel.

Un niveau de jouabilité minimum face aux consoles et aux PC

Deux axes se dégagent pour expliquer la politique d’amélioration des performances graphiques par le biais des cartes de nVidia et d’ATI : le premier tient à la pression très importante de la concurrence sur le domaine des jeux. Apple ne peut plus se permettre de fournir des machines qui ne seraient pas capables d’assurer un niveau de jouabilité permettant de rivaliser avec les consoles et les PC (voir édition du 22 janvier 2002). Les éditeurs l’ont bien compris, qui ont décidé d’étoffer leurs gammes de jeux. Le portage sous Mac OS X semble devoir devenir la règle (voir édition du 22 octobre 2001) en raison de la réduction de 50 % du temps de portage, selon MacPlay. La croissance des ventes de machines sous Mac OS X pourrait modifier le comportement général des éditeurs avant la fin de l’année 2002. Mais une seconde raison explique le désir des fondeurs de puces graphiques de disposer d’une présence sur Mac : l’architecture de la carte mère doit évoluer avec le passage au G5, attendu dans le courant de l’année. La nouvelle architecture devrait être fondée sur un bus système cadencé bien au-delà des actuels 133 MHz (on parle d’un bus approchant et même dépassant les 300 MHz). L’ensemble de la nouvelle architecture devrait en profiter. Le bus AGP des cartes graphiques, par exemple, pourrait doubler en fréquence, ce qui ne manquera pas d’augmenter la qualité du rendu graphique. Mieux encore, le bus RapidIO qui devrait être utilisé favorisera les échanges entre le nouveau processeur et les cartes installées (voir édition du 31 janvier 2002). Du coup, dans cette perspective, le Mac – et plus particulièrement les PowerMac – se présenteront comme d’excellentes plates-formes de démonstration des technologies des fabricants de cartes graphiques.