Le marché de la musique en ligne prend son essor en Europe

Mobilité

Tandis que OD2 étoffe son catalogue en multipliant les accords avec les labels, Wippit descend le prix des fichiers musicaux à moins de 50 centimes.

OnDemandDistribution (OD2), la plate-forme européenne de distribution de musique en ligne créée par Peter Gabriel et dirigée par Charles Grimsdale, a signé, vendredi 2 avril 2004, un accord en France avec la société civile des producteurs de phonogrammes (SPPF) et l’Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI). L’accord porte sur les modalités de distribution numérique des catalogues des producteurs indépendants français. L’accord complète ceux précédemment signés entre eCompil et Virgin Mega et les représentants des labels indépendants. Au delà des questions matérielles, l’accord s’inscrit dans la lutte contre le téléchargement illégal de musique en ligne, considéré comme la principale cause de la baisse des ventes de disques par l’industrie.

Si les disques se vendent moins, les fichiers numériques se distribuent de mieux en mieux. OD2 vient d’annoncer avoir distribué plus d’un million de titres sur les trois premiers mois de l’année 2004. Soit dix fois plus que le résultat 2003 à la même période et, surtout, deux fois plus que lors du trimestre précédent. Ce million de titres vendus a généré un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros. Pour Charles Grimsdale, “le vent est en train de tourner. Il est clair qu’il y avait une très forte attente des internautes pour des services légaux proposant une alternative sérieuse aux service P2P de faible qualité”. Rappelons qu’OD2 ne commercialise pas directement ses contenus auprès des internautes mais propose ses services de distribution à une quarantaine de partenaires en Europe dont Alapage.com, Fnac.com, MSN France, MTV France, NumeriCâble, Tiscali et Wanadoo pour la France.

Moins de 0,50 euro le titre

Le succès d’OD2 (tout relatif par rapport aux 70 millions de chansons téléchargées sur l’iTunes Music Store en moins d’un an, voir édition du 18 mars 2004) s’explique par la richesse et la diversité de l’offre. “Pour concurrencer les sites P2P, et réussir à basculer les internautes de ‘pillants’ en ‘payants’, il faut le catalogue des 5 majors, c’est une évidence…”, commente Stanislas Hintzy, Directeur Général d’OD2 France, “Avec la signature de la dernière major ces derniers mois dans la plus part des pays Européens [Sony Music, NDLR (voir édition du 26 février 2004)], les résultats sont au rendez-vous pour OD2. Nous assistons au décollage d’un marché, le relais de croissance de l’industrie musicale.” Selon OD2, le chiffre d’affaires généré par les 100 titres les plus téléchargés ne compte que pour 11 % des résultats globaux. “Promouvoir la musique est depuis toujours la vocation de l’industrie phonographique. Promouvoir la musique en ligne est aujourd’hui une des clés de la lutte contre le piratage”, avance Gilles Bressand, Président du SNEP (Sybndicat national des éditeurs phonographiques). “Le SNEP s’engage activement aux cotés de tous ceux qui, comme OD2, proposent une alternative légale de qualité et participent avec un certain succès au développement du téléchargement de musique. Ces chiffres sont d’autant de bonnes nouvelles dans la reconquête des consommateurs sur l’offre légale.”

Autre signe de maturation du marché de la musique en ligne, les nouveaux tarifs du site Wippit défient la réalité économique. Le site britannique de téléchargement légal propose désormais un certain nombre de titres à 0,29 livre (0,44 euro) à l’unité là où, généralement, les sites de vente en ligne facture 0,99 euro (ou 0,99 dollar). Wippit commercialise également ses fichiers 0,49 (,074), 0,79 (1,20)et 0,99 livres (1,5 euro) et propose une offre forfaitaire à 13 livres par mois (20 euros) et 50 livres par an (74 euros). Après une consultation rapide du site, il s’avère que les fichiers proposés à 0,29 livres sont loin de constituer la majorité du catalogue. Mais la stratégie de Wippit confirme sa confiance dans le marché de la musique en ligne. Wippit proposent les catalogues de 200 labels dont ceux des majors EMI et BMG. Encore un secteur du marché de l’immatériel où la concurrence risque de faire rage. Pour le plus grand profit des artistes?


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