Le marché de la musique numérique stagne en France

Mobilité

Au premier trimestre 2007, les ventes de musique sur PC et mobile ont
régressé de 2,3%. Les sonneries mobiles réalisent une contre-performance.

Le déclin du marché de la musique en France se poursuit. Pour la troisième année consécutive, le Syndicat des producteurs de musique (SNEP) observe une chute au cours du premier trimestre 2007. Le marché de gros de la musique enregistrée, tous segments confondus (marché physique et marché numérique), est évalué à 172,5 millions d’euros. C’est une baisse de 24,4% par rapport à la même période l’année dernière. Aujourd’hui, ce sont toujours les ventes physiques qui représentent la majeure partie des revenus (93,6 %). La part de la musique numérique se situe à 6,4 % du marché.

On le voit aisément à travers les analyses : le poids de la musique numérique ne parvient pas à compenser les pertes des ventes physiques. Pire : ce segment, censé servir de relais de croissance (avec le téléchargement légal de titres sur PC ou mobile et les sonneries musicales pour mobile) stagne voire régresse légèremment. Au cours du premier trimestre 2007, le chiffre d’affaires de la vente de musique numérique a baissé de 2,3 % pour 11 millions d’euros (contre 11,2 millions l’année dernière).

L’analyse est à nuancer. Les ventes de musique numérique pour mobile ont baissé de 9,4% sur un an (soit un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros au dernier pointage). C’est la contre-performance des sonneries téléphoniques qui expliquerait la dégradation de la situation. Celles-ci ne représentent plus que 54 % de la musique sur mobile contre 68 % en 2006. Parallèlement, les téléchargements de titres complets sur les mobiles montent en puissance : ce type de ventes représentent 20% de la musique consommée depuis un mobile (contre 7% en 2006).

La visibilité sur le marché du téléchargement à partir des plates-formes légales (FnacMusic, VirginMega…) est un peu plus claire. Ce segment progresse de 5,8 % en un an et génère un chiffre d’affaires de 4,4 millions d’euros. C’est un peu moins de la moitié des revenus numériques (48%) mais avec une progression de 11 points en un an (37 % au premier trimestre 2006). L’achat de titres à l’unité domine : 56 % des ventes contre 37 % pour les albums complets.

Le téléphone mobile : support de prédilection pour le téléchargement de musique ?

Malgré ces chiffres globalement décevants (voire alarmants), on ne peut que se réjouir de la bonne tenue de certains modes de consommation. Par exemple la progression des ventes de titres à télécharger sur les mobiles et les PC. La première configuration est surprenante : 1,2 million de titres ont été téléchargés sur le mobile dans le courant du premier trimestre 2007 (en hausse de 157,2% sur un an). Tandis que le téléchargement de titres sur PC n’observe qu’une hausse de 4,6% (représentant néanmoins un volume global plus important de 2,4 millions de titres).

Le téléphone mobile représenterait donc le support proposant le plus fort potentiel de développement du marché de la musique numérique.

Des premières tendances émises par le SNEP qui restent à confirmer sur le reste de l’année. Notamment au regard des récentes offres de chansons sans protections numériques proposées par iTunes Store en collaboration avec EMI mais aussi de distributeurs français comme FnacMusic et VirginMega.


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