Le marché des stations de travail, une opportunité pour Apple ?

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L’énorme marché de l’industrie de la vidéo et des jeux vidéo est le terrain de lutte idéal pour les constructeurs de stations de travail. Entre nouvelles solutions et rumeurs de machines à venir, est-ce le début d’un bras de fer entre SGI, Sun, HP, Apple et IBM ?

D’abord, il y a les nouveautés : Apple avec son G5, HP avec son xw4100 et enfin SGI avec son Tezro. Les trois machines s’adressent notamment au marché de la vidéo et des jeux vidéo, en pleine expansion actuellement, mais n’ont pas du tout la même tarification. Le modèle de HP, qui tourne sur un Pentium 4, est vendu 800 dollars (700 euros), le PowerMac G5 commence à 2 000 dollars (1 750 euros) quand la machine de SGI, emmenée par un ou plusieurs MIPS R16000, est commercialisée à 20 500 dollars (18 000 euros) au minimum. Mais les trois machines sont considérées comme des stations de travail susceptibles d’intéresser les acteurs, selon Videography.com, en permettant la création de contenus numériques (Digital Content Creation ? DCC) : montage non linéaire, animation et composition 3D, conception 2D et 3D, effets spéciaux… Ce sont d’ailleurs essentiellement des ordinateurs tournant sous Unix/Linux qui l’emportent depuis le tournant de l’année 2000 sur ce marché. Un véritable challenge pour les constructeurs qui cherchent à gagner des parts de marché en valorisant leur offre. Sun tout comme SGI s’appuient sur leurs excellentes performances graphiques et leurs processeurs RISC spécifiques pour se démarquer. Les fournisseurs de PC tâchent de mettre en avant leur faible coût, quand Apple utilise sa bibliothèque de logiciels et les bonnes performances de ses machines en calculs à virgules flottantes pour se positionner (voir édition du 29 mai 2002).

Il y a aussi les bruits de couloir : IBM préparerait de nouvelles stations de travail multiprocesseurs basées sur le PowerPC 970, tandis qu’Apple travaillerait sur un projet dénommé “Dark Star”, qui consisterait à proposer de véritables stations de travail intégrant jusqu’à 64 processeurs. Peut-on lier ces deux rumeurs ? Difficile à dire… Mais l’utilisation du même processeur par les deux compères milite en ce sens. D’autant plus que l’intérêt d’Apple pour le marché des stations de travail n’est pas nouveau (voir édition du 18 avril 2002). Et IBM, qui met rarement tous ses oeufs dans le même panier, teste déjà de son côté une formule de fourniture de puissance de calcul à la demande avec l’entreprise de dessins animés générés par ordinateur Threshold Digital Research Labs, qui se positionne ni plus ni moins comme le Pixar des années à venir (Pixar étant la société d’animation du PDG d’Apple, Steve Jobs). Face à cette offensive d’IBM, les autres acteurs sauront-ils réagir ?

Les logiciels, un atout pour Mac OS X

Oui, s’ils disposent d’une offre logicielle spécifique, assurent les spécialistes. Mac OS X commence ainsi à disposer de quelques atouts, comme Maya (voir édition du 20 septembre 2001) de la société Alias (anciennement Alias/Wavefront), le logiciel d’effets spéciaux et d’animation 3D. La version pour Mac compte pour 20 % des revenus de la société, alors qu’elle n’a été introduite qu’il y a deux ans. Et le système d’exploitation d’Apple vient de recevoir un sérieux appui de la part de Kaydara, l’éditeur de MotionBuilder, un logiciel d’animation de personnages en 3D. Kaydara a décidé que le seul Unix supporté par MotionBuilder 5 serait Mac OS X. Une goutte d’eau sur le marché, mais un sacré coup de pouce pour aider à l’adoption du PowerMac G5. “Mac OS X est une solution beaucoup plus puissante et fiable pour les graphistes et les professionnels de la 3D”, a souligné Michel Bresner, le président de Kaydara. “Avec la sortie du nouveau PowerMac G5, nous pensons que Mac OS X est la plate-forme du futur, c’est pourquoi nous avons décidé de concentrer nos efforts de développements Unix sur ce marché.” D’autres logiciels de 3D pourraient aussi faire le grand saut, comme Terragen de Planetside, disponible également sous Mac OS 9 et Windows. Conclusion provisoire : difficile pour le moment de déloger les machines tournant sous Linux ou Unix mais Mac OS X semble plus que jamais admis sur le terrain de jeu.


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