Le marché du CDN touché par la crise des télécoms

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Les acteurs du marché du Content Delivery Network (CDN) sont confrontés à la faillite de leurs clients ou tout simplement à une réduction des projets e-business. Inktomi annonce ainsi vouloir réduire ses activités dans le domaine du CDN pour se recentrer sur le marché des moteurs de recherche. Akamaï, de son côté, préfère miser sur les grands comptes et prépare une solution pour les intranets.

Les solutions de CDN (Content Delivery Network) – qui permettent d’optimiser les réseaux afin de réduire les temps de requêtes sur le Web et, dans le même temps, l’encombrement de la bande passante du réseau – n’échappent pas à la crise des télécommunications. Pourtant, ces solutions qui devaient accompagner les entreprises dans leur déploiement de solutions e-business était promises à un bel avenir. Les sociétés positionnées sur ce secteur ont donc été touchées de plein fouet. Inktomi semble celui qui a été touché le plus durement. La société qui développe et commercialise des applications évolutives pour les infrastructures Internet (système de cache réseau, mesure d’audience, recherche, comparateur de prix) annonce ainsi une perte nette de 235,7 millions de dollars contre 155 millions de dollars un an plus tôt. Son chiffre d’affaires connaît une baisse d’environ 40 % par rapport au même trimestre de l’année 2001 pour s’établir à 23,8 millions de dollars. Face à ces chiffres, Inktomi annonce la suppression de 270 postes et surtout un recentrage de ses activités. La société souhaite ainsi réduire très fortement la voilure sur le marché des CDN afin de se recentrer sur son activité de moteur de recherche.

Akamaï, de son côté, confirme la crise qui touche ce secteur mais paraît avoir moins souffert que son concurrent Inktomi. Il affiche ainsi un chiffre d’affaires de 160 millions de dollars pour 2002, soit l’équivalent de l’année passée. Akamaï France connaît toutefois une croissance de 40 %, malgré la concurrence de sociétés comme Cisco ou NetAppliance. « Il est certain que pour cette année, on ne peut compter sur une quelconque croissance. Pour garder le même chiffre d’affaires que l’an passé, nous avons ainsi dû trouver de nouveaux clients pour remplacer les nombreuses sociétés en faillite », explique Bernard Seité, directeur général d’Akamaï France. La société a par ailleurs réorienté sa cible vers les grands comptes en abandonnant progressivement les dotcoms, trop exposées pour être viables. Une stratégie qui l’amène dès lors sur le marché des intranets. La société devrait lancer pour le début de l’année prochaine une solution pour désengorger les intranets des grosses sociétés. « Avec les nouvelles solutions e-business, les intranets des grosses sociétés sont complètement saturées. Pour assurer une bonne transmission en streaming, par exemple, il faut aujourd’hui des relais locaux intelligents. Il y a une forte demande sur ce marché », déclare Bernard Seité qui reste persuadé d’une reprise du marché pour l’année prochaine.

Inktomi renforce ses outils de recherche

La situation semble plus difficile pour Inktomi. L’éditeur vient de racheter pour 12 millions de dollars Quiver, un fournisseur d’outils de structuration de données, afin de renforcer ses outils de recherche. La décision d’Inktomi de se recentrer sur les solutions de recherche est toutefois un pari risqué. La société devra affronter certains gros concurrents comme Google ou Fast. Google vient d’ailleurs de remporter un important contrat avec AOL au détriment d’Inktomi qui assurait jusqu’ici avec Overture (l’ex-GoTo) les requêtes du premier fournisseur d’accès mondial. Inktomi perd du coup un marché évalué entre 60 et 85 millions de dollars. Petite compensation, MSN s’appuie toujours sur le moteur de recherche du couple Inktomi-Overture. Reste Yahoo dont le contrat avec Google arrive à terme en septembre. Inktomi est bien sûr en lice. Il avait décroché le marché en 2000 avant de se le faire souffler par Google.


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