L’e-marketplace prise d’assaut par les banques

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Les banques rentrent en force dans les places de marché virtuelle pour amener des services financiers. Tendances ? Elles signent des partenariats avec les éditeurs d’outils d’e-procurement ? de gestion de flux financiers et d’information ? ou bien développent leurs propres technologies !

Comme dans l’e-commerce B to B, les membres d’une e-marketplace achètent ou vendent en sécurité. Mais, les aspects financiers liés aux processus d’acquisition ? appelés “e-procurement” aux USA ? comme l’estimation du produit, le financement, la garantie de solvabilité via un tiers de confiance, sont encore traités manuellement. C’est-à-dire offline. L’e-procurement est un casse-tête auquel nul acteur ne peut répondre seul. Tendances ? Les fournisseurs de logiciels de gestion d’achats sur Internet comme Ariba et Commerce One vont chercher les banques pour offrir les services financiers requis. Et certaines banques vont même jusqu’à développer leurs propres outils d’e-procurements… Normal, ce n’est pas la première fois que la netéconomie bouscule ces établissements : récemment, le GMCF (Global Mobile Commerce Forum) prétendait avoir besoin de services bancaires, mais pas nécessairement des banques (voir édition du 5 juin 2000)

Côté éditeurs, la bataille se prépare. Commerce One s’est associé notamment avec Cap Gemini, BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole… Aux Etats-Unis, Ariba signe des partenariats avec des géants : Bank of America, American Express, Visa, Fleet Boston, U.S. Bancorp et Escrow.com, spécialisés dans la sécurisation des transactions. Objectifs ? Lancer des services financiers destinés aux membres ? acheteurs et vendeurs ? qui utilisent les quelques 150 e-marketplaces du réseau d’Ariba. Ce fournisseur de technologie ne pouvant amener seul ses services financiers, on observe une ré-intermédiation des acteurs traditionnels du secteur bancaire. Et tous prendront au passage un pourcentage sur les transactions qu’ils traiteront.

De leur côté, le logisticien Citigroup, l’éditeur i2 et la banque Wells Fargo annoncent la création de leur filiale FinancialSettlementMatrix.com qui offrira des services financiers basés sur des standards ouverts et donc disponibles pour toutes les e-marketplaces. Car c’est bien le hic. Dans un interview accordé à Vnunet, Nelly Cambervelle, directrice du cabinet de conseil en e-business e-bda attirait l’attention sur la multiplication des technologies propriétaires développées autour du standard universel XML (voir édition du 19 juillet 2000). Les cXML d’Ariba, XCBL de CommerceOne, SpML d’IBM et Biztalk de Microsoft empêchent en effet l’ouverture à tous de ces places de marché…

Guido Schmidt-Traub, responsable des partenariats français de la place de marché virtuelle européenne Mondus témoignent : “les acteurs comme Commerce One et Ariba proposent des solutions fermées reposant sur des standards propriétaires. Les solutions d’e-procurement que nous adopterons seront des outils développés par les banques et des acteurs locaux, bien à même de répondre aux comportements d’achats spécifiques aux pays de la communauté européenne. Et afin d’offrir des technologies ouvertes qui laisseront le choix aux membres de la place de marché”.


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