Le moteur russe Yandex admet des “pressions politiques” avant son introduction en Bourse

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Yandex, que l’on pourrait qualifier de “Google russe”, se rapproche de sa cotation sur le Nasdaq aux Etats-Unis. Mais ses dirigeants ont émis des risques de déstabilisation d’origine politique.

Fin avril, Yandex a déposé à l’US Securities and Exchange Commission (SEC, le “gendarme de la Bourse” aux Etats-Unis) un dossier d’introduction en Bourse pour le Nasdaq.

Néanmoins, la société exploitant l’important moteur de recherche russe a révélé une série de risques pour informer les potentiels investisseurs.

De possibles manigances politiques susceptibles d’affaiblir la société (“vulnerable to politically motivated actions”) ne sont pas écartées, peut-on lire dans le prospectus d’IPO (…).

La création d’un moteur d’Etat est également présentée comme un facteur à risque.

En mars, Dmitri Medvedev a pris une position forte : alors que Google et Yandex constituent des stocks d’archives de contenus créés par les utilisateurs, le Président de la Fédération de Russie considère que l’organisation de l’information sur le moteur est un “bazar complet” (“complete mess” dans la version originale).

L’outil de recherche devrait faire l’objet d’une “classification” au nom d’un “Internet plus civilisé”.

“Nous avons passé beaucoup de temps pour savoir la Russie avait vraiment besoin d’un moteur d’Etat ou non”, a déclaré Dmitri Medvedev. “En l’état actuel, ce projet continue.”

Yandex admet qu’il existe des risques que le pouvoir oligarchique russse prenne la main sur la société.

“Des groupes financiers avec des assises fortes et disposant d’un réseau influent que l’on baptise “oligrachiques” ont cherché quelque fois prendre le contrôles  des acteurs économiques les plus attractifs en Russie. En activant leurs réseaux économiques et gouvernementaux”, peut-on lire dans le document de prospection boursière.

Yandex considère également qu’il regarde avec une certaine attention une expansion géographique de ses activités pour bénéficier d’un avantage compétitif.

Néanmoins, la brochure ne précise pas quels marchés sont visés.

Néanmoins, des pistes d’exploration ont fuité en mars dans la presse, en particulier via Roem.ru (un site média couvrant l’IT en Russie) : le moteur viserait des marchés comme la Turquie, la Pologne et la Roumanie.

Selon Vedomosti (quotidien financier), Yandex cherche en priorité des pays en forte croissance Internet et dans lesquels la part de marché de Google n’est pas optimisée.

En Russie, Yandex dispose d’une position prédominante (entre 55% et 64% de PDM).

Mais le moteur a pris position dans des pays périphériques russophones comme l’Ukraine et le Kazakhstan.

L’expansion de Yandex au-delà de la sphère russe remonte à 2008 lorsque la société de “search” a ouvert un laboratoire à Palo Alto (Californie) “afin de dynamiser l’innovation dans la recherche et les technologies de publicité”.

Parmi les 14 chercheurs du labo, on trouve des scientifiques et des ingénieurs au profil senior “qui puise dans la R&D développé par des sociétés homologues comme Google ou Yahoo”.

La première déclinaison en anglais de Yandex a été ouverte en 2010 et le magazine américain Fast Company l’avait distingué pour la pertinence des résultats obtenus.

En février, ce même média a intégré le moteur dans le classement des 50 sociétés IT les plus innovantes dans le monde.

Yandex procède aussi à des opérations de croissance externe.

C’est le cas en Israël en septembre 2010 avec des prises de participations dans Face.com, une start-up installée à Tel-Aviv qui développe des technologies de reconnaissance faciale, mais aussi Vizi Labs (technologie de traitement des images).

Le mois dernier, Yandex a lancé un programme d’investissement (Yandex.Factory) dédié aux jeunes pousses pour élargir son écosystème à un réseau mondial d’éditeurs partenaires.

Adaptation libre en français d’un article EWDN  : Yandex warns against threats from state and oligarchs; Considers international expansion (02/05/11)

Feu vert entre juin et juillet ?
La cotation de Yandex sur le Nasdaq pourrait démarrer entre juin et juillet. La société russe pourrait lever un milliard de dollars de cette opération. Elle serait désormais valorisée 8 milliards de dollars. Selon le quotidien économique russe Vedomosti, Yandex envisageait en 2008 de placer entre 15 et 20% de son capital en Bourse. Un projet enterré avec la crise économique globale.

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