Le MPEG-4 entre deux chaises

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MPEG-4, un standard sans marché ? C’est en substance ce que pense le Yankee Group, une firme d’études sur les nouvelles technologies. Son dernier rapport intitulé “MPEG-4 : ce standard ouvert peut-il modifier le paysage de la diffusion sur Internet ?” est sans appel : les formats propriétaires de Microsoft et Real tiendront la concurrence. Mais quid des produits sans fil ?

Un nouveau raté dans la compatibilité des outils et solutions utilisées sur le Web : MPEG-4 – une spécification ouverte destinée au codage et au décodage de vidéos permettant des applications interactives et qui suit en droite ligne ses prédécesseurs MPEG-1 et 2 – ne devrait pas être adopté aussi largement qu’on pouvait le penser. Conçu à partir des travaux réalisés par Apple sur QuickTime, le MPEG-4 n’aura sans doute de standard que le nom, bien que développé par un consortium d’experts en cinéma. A la différence des moutures précédentes, MPEG-4 a été travaillé dans l’optique d’une utilisation moindre de la bande passante, d’une augmentation des niveaux d’interactivité et de la possibilité de distribuer un même film sur des appareils différents. A ce titre, il s’avère particulièrement bien placé pour une utilisation sur des téléphones ou des assistants numériques, grâce à ses capacités de compression avancées. “Il s’agit d’une avancée notable de la technologie parce qu’il est capable d’amener la vidéo à de nouvelles applications – comme regarder des programmes vidéo sur des appareils sans fil”, précise l’analyste du Yankee Group Ryan Jones.

Le MPEG-4 face à Microsoft et Real Networks

Une percée de MPEG-4 sur les lecteurs vidéo des ordinateurs ne paraît pas envisageable, en raison de la position des deux leaders du marché, Real Networks et Microsoft, et de leurs formats propriétaires se partageant près de 90 % du marché. Face aux positionnements de ces deux acteurs, une alliance des médias diffusés sur Internet (ISMA) s’est formée autour d’Apple, IBM, Cisco, Sun Microsystems, Philips et Kasenna, et comprend entre autres acteurs AOL Time Warner, Lucent Technologies ou encore Thomson Multimedia. Cette association, formée pour faire adopter massivement des standards ouverts de diffusion sur Internet, devrait avoir du pain sur la planche si elle entend assurer la suprématie de son format fétiche MPEG-4. Reste que, s’il ne révolutionnera pas forcément l’Internet (voir édition du 5 janvier 1999), ce format s’avère particulièrement adapté à nombre d’applications dédiées et pourrait devenir mature avec son utilisation.


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