Le papier électronique est sous presse

Mobilité

L’arrivée du papier à affichage électronique dans les produits de grande consommation se précise. Le renfort du géant Lucent, avec sa technique de capsules changeant de teintes, dans le consortium E-ink pourrait bien accélérer les derniers développements.

Le journal qu’on lira tous les matins sur les mêmes pages de film plastifié et souple, est peut-être pour demain. En téléchargeant à chaque fois de nouveaux contenus, ce pourrait être l’avènement du papier réutilisable. Le partenariat que viennent de signer le géant des équipements de communications Lucent et le consortium E-Ink va certainement donner un coup de pouce aux recherches sur l’encre électronique. Le consortium E-Ink, qui s’est attelé à la recherche puis à la commercialisation de l’encre électronique, mais aussi de son support, comptait déjà parmi ses actionnaires le fondeur Motorola.

Dans le cadre de ce nouvel accord, E-Ink devrait fournir la technologie d’affichage, tandis que Lucent fournira la technologie d’encre. E-Ink avait déjà testé, sur un marché très expérimental, des écrans d’affichage, en mai dernier (voir notre édition du 7 mai 1999). Ce dernier partenariat devrait porter ses fruits d’ici six mois environ, avec un nouvel affichage, utilisant la technologie de Lucent. Spécialisé dans les équipements de transmission haut de gamme, ce dernier possède aussi ses propres laboratoires de recherche, les fameux Bell Labs. Ceux-ci travaillent depuis plusieurs années sur les transistors dits flexibles, qui pourraient s’imprimer par simple transfert sur une surface spéciale. Il y a deux ans, les Bell Labs avaient déjà réussi le premier transfert au monde d’une fine couche de transistors en plastique sur un écran en soie, de la même façon qu’un dessin sur un t-shirt.

Cette encre est constituée de milliers de capsules remplies d’encre noire et blanche, qui à la particularité de changer de teinte au passage du courant. Le support d’affichage de ces capsules est beaucoup plus souple que celui utilisé pour les cristaux liquides, et, surtout, les matériaux de fabrication coûtent beaucoup moins cher. De plus, ces capsules n’ont pas besoin d’être alimentées en permanence pour conserver leur affichage : une fois que l’affichage a pris forme, on peut débrancher les batteries, et transporter tranquillement son e-journal, voire le rouler dans son sac ! Enfin, les possibilités d’impression de cette encre sont telles que les deux firmes envisagent déjà un nouveau marché : celui, gigantesque, de la publicité, du marketing et de la mode.

Pour en savoir plus :

* le site de E-Ink

* le site de Lucent


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