Le PC de plus en plus ancré dans les foyers français

Mobilité

Selon une étude du Credoc, plus l’ordinateur est utilisé au domicile familial, moins il l’est à l’extérieur.

Le nombre de foyers équipés en matériel informatique poursuit sa progression : 53 % de la population française disposent désormais d’un ordinateur à domicile, soit 3 % de plus qu’il y a un an (voir édition du 1er février 2005). Ce taux s’élève à 78 % lorsqu’on prend en compte les adolescents de 12 à 17 ans, ce qui confirme une fois de plus leur rôle de prescripteurs dans l’adoption des nouvelles technologie au sein du foyer.

C’est ce qui ressort de la troisième enquête sur la diffusion des technologies de l’information (téléphonie fixe et mobile, micro-ordinateur, Internet), réalisée par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) à la demande conjointe de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) et du Conseil Général des Technologies de l’Information (CGTI). L’étude se base sur des entretiens en face à face avec 2 219 personnes, dont 212 adolescents de 12 à 17 ans, réalisés en juin 2005.

La généralisation des ordinateurs personnels induit quelques effets inattendus. Si 57 % de la population se servent d’un ordinateur, aussi bien à domicile, au travail ou dans le cadre scolaire, son usage tend à se réduire en dehors du foyer familial. Si les actifs étaient 48%  à se servir d’un PC sur leur lieu de travail en juin 2004, ils ne sont plus que 45 % en 2005. Le phénomène est encore plus marquant chez les étudiants dont 62 % recouraient à l’ordinateur de leur organisme de formation en 2004 contre 50 % cette année. Une forte baisse que l’on peut partiellement imputer au succès de l’opération “1 portable, 1 euro”, lancée en 2004 et renouvelée cette année (voir édition du 22 septembre 2005). Aujourd’hui, 73 % des étudiants disposent de leur ordinateur personnel contre 68 % l’année dernière.

Le coût d’un ordinateur reste le principal frein à l’équipement pour 62 % des personnes interrogées, un taux identique à celui de l’année précédente. Les opérations promotionnelle de la rentrée et de Noël infléchiront-elles la tendance ? Plus inquiétant, l’appréhension de la complexité d’un PC est en augmentation constante : 43 % des personnes interrogées en 2005 refusent de s’équiper du fait de cette apparente complexité, alors qu’ils n’étaient respectivement que 41 % et 38 % en 2004 et 2003. Etrange paradoxe qui veut que plus le PC se démocratise et plus il effraie. D’autant que son intérêt dans la vie de tous les jours croit avec le temps. En 2005, seulement 26 % des sondés pensent encore qu’un ordinateur ne sert à rien au quotidien contre 29 % en 2004 et 31 % en 2003.

Le haut débit s’impose

La courbe des foyers disposant d’une connexion Internet suit naturellement celle de l’équipement en ordinateurs, ce qui tend à confirmer le rôle incitateur d’Internet en ce domaine. Près de 40 % des Français se connectent à Internet dont 30 % en haut débit. Une progression de 5 % en un an pour l’ensemble des accès et de 11 % pour le haut débit. Sans surprise, les plus jeunes se montrent de fervents utilisateurs avec 89 % des 12-17 ans (contre 49 % des 40-59 ans) qui se déclarent internautes.

Internet, ou plus précisément le haut débit, c’est aussi un moyen de réaliser des économies en matière de téléphonie. Ainsi, 7 % des Français utilisent la téléphonie sur IP par l’intermédiaire d’un modem (une box fournie par les opérateurs) et 4 % directement à partir de leur ordinateur (par l’intermédiaire de logiciels de messagerie instantanée ou dédiés comme Skype, Wengo, etc.). Mais c’est bien la téléphonie mobile qui tend à remplacer le vieillissant téléphone fixe. “Le nombre de personnes équipées uniquement d’un téléphone mobile a augmenté d’un tiers en l’espace de deux ans”, évalue l’Arcep. Cela concernait 12 % de la population en 2003 et 16 % aujourd’hui. 70 % des personnes majeures sont désormais équipées d’un téléphone mobile (+2 % en un an).

Il ne reste plus que 82 % des adultes à disposer d’une ligne fixe à domicile contre 84 % douze mois auparavant. Ceux qui gardent leur téléphone analogique n’hésitent plus à faire jouer la concurrence : 30 % d’entre eux sont aujourd’hui abonnés chez plusieurs opérateurs. Une belle progression de 6 points en un an, deux fois supérieure à celle de 2004 (+3 %). Et ce n’est que le début du bouleversement des marchés des télécommunications, provoqué par la convergence induite par les technologies numériques.


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