Le PC n’a pas d’avenir dans le salon familial

Mobilité

Selon le cabinet d’études Gartner, la consommation des loisirs numériques passera par une platine DVD de salon nouvelle génération. Mais pas avant 2010.

Quels équipements de loisirs numériques privilégierons-nous dans les années à venir? Au jeu de la difficile prédiction de savoir de quoi l’avenir sera fait, le Gartner a tranché. Il n’y a pas d’avenir pour les PC, tels qu’ils sont conçus aujourd’hui, au sein du salon familial. Selon le cabinet d’études, les lecteurs DVD de salon domineront l’équipement résidentiel en terme de loisirs multimédia. “Les enregistreurs DVD deviendront le coeur du réseau résidentiel, permettant aux consommateurs de regarder des films, des programmes télévisés et d’écouter de la musique dans n’importe quelle pièce à n’importe quel moment”, déclare Paul O’Donovan, analyste chez Gartner à l’occasion d’une étude présentée le 4 août dernier.

Selon lui, téléchargé à partir d’Internet ou issu d’un support physique, les contenus audiovisuels pourront être stockés et lus à partir de périphériques disséminés un peu partout dans le domicile et piloté par cette future génération de lecteur DVD. “La simplicité d’installation et d’utilisation sont les éléments clés de l’adoption par les consommateurs”, poursuit l’analyste, “et ce seront les distributeurs de matériel électronique plutôt que les vendeurs de PC qui domineront ce marché.” Microsoft et son concept de Media Center peut aller se rhabiller. Mais pas avant 2010, “le temps que les revendeurs et fournisseurs de technologies développent des standards communs de connectivité et d’interopérabilité”, estime Paul O’Donovan.

Trop puissant et trop cher

Selon le Gartner, si les utilisateurs se convertissent au réseau, notamment pour télécharger sur Internet et partager l’imprimante entre plusieurs PC au sein du foyer, l’ordinateur ne serait pas l’appareil le plus adapté pour regarder des vidéo et écouter de la musique. Et les besoins s’amplifient avec l’usages des caméscopes, baladeurs et appareils photos numériques, voire les téléphones mobiles de dernière génération, dont on veut pouvoir partager le contenu en toute simplicité en transférant leurs données au sein du domicile.

Le Gartner estime notamment que la puissance qu’un ordinateur requiert est bien supérieure à celle nécessaire. Ainsi, toujours selon le cabinet d’étude, la lecture d’un DVD à partir d’un ordinateur nécessite un processeur de 2 GHz là où une platine de salon se contente de 200 MHz. Dix fois moins. Les coûts des composants d’un PC se révèlent, à usage équivalent, 86 % plus onéreux que ceux d’un lecteur DVD. Sans parler des logiciels de lecture et autres drivers que le PC réclame pour fonctionner là où le DVD de salon se contente de la galette argentée contenant les données audiovisuelles.

Le DVD doit évoluer

Autant d’arguments qui favorisent effectivement le DVD de salon. Mais, pour se hisser au niveau des capacités de l’ordinateur, les platines DVD se doivent de connaître quelques évolutions. Notamment la capacité à décoder/encoder à la volée une multitude de formats audio et vidéo (MPEG 2 et 4, DivX, WMV, etc.) et pouvoir adapter le poids/taille des fichiers en fonction de leur support de diffusion (à quoi bon balancer un flux vidéo haute définition sur un écran qui ne la supporte pas?). Bref, intégrer une majorité de codecs et pouvoir les mettre à jour régulièrement à la manière du PC, justement.

Selon le cabinet d’étude, deux à trois ans seront encore nécessaires aux constructeurs pour s’entendre sur une norme commune. La mise sur le marché des premiers équipements de nouvelle génération (un lecteur/enregistreur numérique DVD doté d’interfaces pour rapatrier photos, vidéo, musique et communiquer avec les périphériques) n’interviendrait pas avant 2010. Ce qui laisse quelques années à Microsoft pour poursuivre ses tentatives de pénétration du marché des loisirs numériques… notamment à travers sa Xbox (voir édition du 13 mai 2005).


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