Le peer-to-peer investit Mac OS X en douceur

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Le concept de peer-to-peer (ou P2P) va de pair avec celui de partage de fichiers. Sur Mac, le P2P n’a pas forcément atteint les mêmes niveaux d’offres d’applications que sur PC. Napster lui-même, le père du P2P, n’avait été porté que sur le tard sous Mac OS… Mais le concept avance. Dernier exemple en date, le portage en cours de Morpheus, un service d’échange de musique sur le net. Eclairage?

De la polémique et de l’action en justice qui a jeté Napster à bas (voir édition du 5 février 2002) sont nées de nombreuses autres solutions de partage de fichiers. Et il ne s’agit plus de musique seulement. Des dix services de distribution de musique sur le Net les plus explorés, le moteur de recherche Google indique que Morpheus arrive en tête des requêtes de l’année 2001, avant Napster, Gnutella , KaZaA ou Audiogalaxy . Ces services en ligne permettent de distribuer des fichiers vers d’autres ordinateurs équipés du même logiciel de type P2P (peer-to-peer). Il s’agit en fait de réseaux de partage de fichiers (audio, vidéo, applications, jeux, images?) dits de “seconde génération” : totalement décentralisés. Le logiciel de P2P Morpheus, par exemple, téléchargé entre 1 et 2 millions de fois par mois, se connecte au réseau FastTrack, le réseau le plus vaste de partage de fichiers actuellement déployé. Un des avantages les plus profitables de ces nouveaux réseaux consiste dans la possibilité de télécharger des fichiers de plusieurs utilisateurs simultanément. Il n’existe pas de client Mac pour se connecter à FastTrack pour le moment. Mais la dernière lettre d’information de Morpheus indique l’arrivée imminente de l’application pour la plate-forme d’Apple. Le réseau FastTrack n’est toutefois pas le seul à proposer le partage de fichiers : LimeWire permet d’envoyer des requêtes à ses pairs sur le réseau Gnutella. LimeWire est un client Java. Mais pour le même réseau, Aquisition, un client Mac OS X en Cocoa encore en développement, semble plus prometteur, bien que dans une version bêta 0.5 !

Java assure la connexion de l’X

Si plusieurs méthodes ont été et sont utilisées pour mettre les ordinateurs en relation, le passage par un site d’intercommunication est souvent utilisé. La méthode la plus “robuste” peut-être comparée au fonctionnement des standards téléphoniques d’antan ou une opératrice mettait en contact deux abonnés. C’est en tout cas celle qui a été mise au point par le géniteur du mouvement P2P. Si Napster, dans sa forme considérée comme “pirate”, a disparu, son protocole est toujours utilisé et des serveurs poursuivent l’oeuvre du service “fermé” par la justice, comme SonikNap, NecessaryEvil ou Napicide. Des noms qui ne donnent pas nécessairement confiance. Reste que ces serveurs fonctionnent et que XNap sur Mac OS X, est un exemple de client de partage de fichiers qui fonctionne lui aussi en Java sous licence publique GNU pour y accéder. Il suffit de disposer du JDK 1.3, disponible en standard sur le dernier OS d’Apple, pour qu’il fonctionne. Il s’agit même d’un exemple de la portabilité de Java, qui s’adapte instantanément à l’interface Aqua du système. Et des “enfants” de Napster, il y en a d’autres, comme AudioGalaxy, lui aussi apparu au moment du désagrégement du premier service P2P. La méthode utilisée est plus rustique : un serveur Web central est interrogé par le client et permet de chercher et sélectionner les MP3 à télécharger. Ces fichiers sont mis en file d’attente avant d’être renvoyés vers le client. Il n’y a pas de version officielle d’AudioGalaxy pour le Mac. Mais sur la base de son protocole ouvert, plusieurs solutions existent dont OpenAG et Sputnix, deux gratuiciels.

Sécurité et piratage en question

D’autres services existent. Notons eDonkey2000, un service en cours de lancement, similaire aux réseaux de Kazaa/Morpheus et qui dispose déjà de deux clients Mac OS X, dont un en Java et l’autre fonctionnant par l’intermédiaire de la ligne de commande ! On trouve encore les fonctions de partage de fichiers propres à Mac OS X qui s’appuient sur le serveur Apache intégré et qui permettent de restreindre l’accès des fichiers mis à disposition des autres internautes aux seuls fichiers partagés. Mais ce P2P ne fonctionne que si les internautes qui y accèdent connaissent l’adresse IP de la machine partagée. On retiendra encore la présence de Java Direct Connect, un réseau de partage de fichiers basé sur un serveur individuel de fichier, né sur Windows (Neomodus Direct Connect) mais qui fonctionne également sur Mac OS X en Java. Reste un dilemme : celui de l’utilisation du partage de fichiers. Il est souligné par la politique d’Apple de ne pas faciliter le partage de fichiers MP3 par le biais de sa solution iTunes-iPod. Reste encore les questions liées à la sécurité des données échangées ou de l’espionnage éventuel que généreraient les logiciels P2P. L’utilisation sur Windows de Morpheus génère par exemple un niveau appréciable de “conversation réseau” de l’application dont l’utilisateur ne sait pas la finalité. Le site de Music City, éditeur de Morpheus, tempère les inquiétudes des utilisateurs, alertés d’éventuelles failles de sécurité dans l’application de partage : celle-ci ne serait pas un logiciel d’espionnage. Suffisant pour être rassuré ?


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