Le phénomène Snapchat lève 50 millions de dollars

Entreprise

Connue pour son service de partage de messages ‘éphémères’, la start-up américaine Snapchat a levé 50 millions de dollars dans le cadre de son troisième tour de table (‘Series C’).

En juin dernier, Snapchat bouclait son 2e tour de table (‘Series B’) en levant 60 millions de dollars (43,5 millions d’euros) auprès d’un bouquet d’investisseurs parmi lesquels Benchmark, SV Angel et Lightspeed Venture Partners.

Avec cet apport de capital, la valorisation de la société Internet américaine montait en flèche, à 800 millions de dollars, soit près de 600 millions d’euros. Mais la jeune pousse, connue pour son application mobile permettant de partager des photos et vidéos ‘à durée limitée’ (les fichiers échangés disparaissent au bout d’une à dix secondes), visait plus haut. Elle vient de lever 50 millions de dollars supplémentaires dans le cadre d’un nouveau tour de financement.

Attestée en date du 26 novembre dans un document transmis à la Securities and Exchange Commission (organisme de contrôle et de réglementation des marchés financiers aux États-Unis), cette opération porte à 123 millions de dollars le total des sommes injectées dans Snapchat depuis sa prise d’exercice en 2011. Capitalisant sur cette nouvelle enveloppe pour “enrichir ses services”, la société créée en 2011 par Bobby Murphy et Evan Spiegel – alors étudiants à l’université de Stanford – serait désormais valorisée à près de 2 milliards de dollars.

Un point d’interrogation demeurait quant à l’identité des investisseurs ayant contribué à cette levée de fonds. Forbes a déterminé que l’intégralité des sommes provenaient d’un unique fonds alternatif : Coatue Management, basé à New York, géré par les frères Laffont et récemment distingué par sa prise de participation dans la plate-forme de réservation d’hôtels HotelTonight. Snapchat a confirmé à VentureBeat que ses investisseurs historiques n’ont pas remis au pot.

L’épopée Snapchat

Encore relativement peu utilisées en France, les applications mobiles (Android, iOS) développées par la start-up californienne connaissent une popularité grandissante outre-Atlantique : 9% des mobinautes américains l’utilisent, selon une récente étude du Pew Research Center. Cette montée en puissance se conjugue au relatif désintérêt des jeunes vis-à-vis de Facebook, notamment pour des considérations liées à la vie privée : 76% des adolescents interrogés par le Family Online Safety Institute se déclarent inquiets pour la sécurité des données qu’ils placent sur Internet.

Snapchat y répond en assurant n’archiver aucune conversation. Rappelons que son service, à mi-chemin entre Instagram et de la messagerie instantanée, est conçu pour envoyer des images et des vidéos depuis un iPhone ou un smartphone Android, mais par opposition aux MMS, les messages disparaissent après un court laps de temps. Le correspondant reçoit une alerte à l’arrivée d’un nouveau message et dès lors qu’il déclenche la lecture, il dispose d’une, deux, trois ou dix secondes avant que ledit message s’autodétruise.

Le concept a séduit un public plutôt jeune, composé majoritairement d’étudiants qui s’échangent désormais plus de 400 millions de fichiers par mois. Snapchat, qui n’est toujours pas rentable (son chiffre d’affaires est estimé à 200 millions de dollars), fait l’objet de convoitises de la part d’investisseurs et les candidats à son rachat se bousculent au portillon.

L’entreprise aurait déjà approchée à de nombreuses reprises par Facebook, mais serait restée insensible aux multiples avances du réseau social, éconduisant même une offre à 3 milliards de dollars en cash. Le groupe Internet chinois Tencent, qui exploite le service de messagerie instantanée WeChat, aurait quant à lui proposé 4 milliards de dollars.

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