Le producteur du Monde selon Bush assigne Google en justice

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La société Flach Film, producteur du documentaire le Monde selon
Bush, attaque Google pour diffusion illégale. Une première en France.

Jean-François Lepetit, directeur de la société de production cinématographique Flach Film a déposé, lundi 20 novembre 2006, un recours en justice auprès du tribunal de commerce de Paris contre Google (France et Inc.) pour “contrefaçon et parasitisme”. Le producteur reproche au moteur de recherche d’avoir permis la diffusion et le téléchargement gratuit et illégal de l’intégralité du film de William Karel, le Monde selon Bush sorti en salles en juin 2004 en France.

“Il y a trois semaines, nous avons alerté Google de la diffusion illégale du film sur son service [Google Video, ndlr]”, raconte Jean-François Lepetit, “nous avons signalé trois liens qui permettaient le téléchargement du film, Google en a retiré deux et a laissé le troisième. Nous avons donc décidé d’attaquer après avoir fait constater la situation par huissier et auprès de l’Alpa [l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, ndlr].” A l’heure de la rédaction de cet article, les liens vers le long métrage avaient totalement disparu de Google Video.

Selon Flach Film, qui s’appuie sur les statistiques de Google, le film a été vu plus de 43 000 fois. Soit un préjudice estimé à plus de 500 000 euros. Si le film n’est plus exploité dans les salles françaises, il connaît une seconde carrière en DVD et vidéo à la demande (VOD) sous le contrôle de la société les Editions Montparnasse qui s’est par ailleurs joint à la procédure judiciaire. Une carrière mise en danger par la diffusion illicite du film sur Internet.

Google rétorque en faisant valoir son rôle de diffuseur qui ne maîtrise pas le choix des contenus. “Nous n’avons pas de rôle éditorial et lors de la mise en ligne des vidéos, un message informe les utilisateurs qu’ils doivent être propriétaires des droits des contenus mis en ligne”, réplique-t-on du côté de Google France, “nous sommes pleinement conscients de l’importance du copyright et de la nécessité pour les auteurs et ayants droits d’être justement rémunérés.”

Google a les moyens de filtrer

Une vision que ne partage pas le producteur de Trois hommes et un couffin. “Comment expliquez-vous qu’on ne trouve pas de contenus à caractère pédophile ou de haine raciale sur Google Vidéo”, interroge Jean-François Lepetit. “Je considère qu’un grand professionnel de la communication comme Google a les moyens de filtrer un contenu d’une durée d’1h32 qui comprend un générique détaillant les producteurs de l’oeuvre.” Pour lui, “Google tire une partie de ses profits avec le trafic généré sur des contenus illicites”.

Au-delà des dommage et intérêts, Jean-François Lepetit accompagne sa plainte d’une demande de mise en place d’un système de filtrage des contenus soumis à copyright sur la plate-forme de Google Video. Le producteur veut “mettre les pieds dans le plat”. Sa plainte est la première du genre en France. ” Mais, qu’on s’entende bien, je n’ai rien contre Internet et les internautes “, insiste-t-il, “je suis totalement pour la diffusion des films en ligne dans un délai le plus court possible après leur sortie en salle.”

Une diffusion commerciale et légale, naturellement. “Si la diffusion illégale continue de s’amplifier, il n’y aura plus d’offre légale”, craint le producteur, “il ne restera plus que des films hollywoodiens à pirater et il ne sera plus possible de produire des films différents comme le Monde selon Bush. Le procès devrait avoir lieu en février 2007.


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